"J'ai purgé ma peine", la lettre que Bertrand Cantat a écrite à la famille de Marie Trintignant a été publiée

Bertrand Cantat aux proches de Marie Trintignant : "J'ai purgé ma peine"

Le chanteur de 54 ans s'est exprimé dans un long courrier dans lequel il fait amende honorable pour ses erreurs mais demande à bénéficier du "droit à la réinsertion".

Comme rapporté par le site internet du magazine Pure People, le lundi 12 mars dernier, le chanteur Bertrand Cantat, qui était censé monter sur scène tout l'été a cédé et a décider de renoncer à son projet.

 "Pour mettre fin à toutes polémiques et faire cesser les pressions sur les organisateurs, j'ai décidé de retirer notre projet de tous les festivals d'été", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les pressions dont il parle sont causées entre autres par une pétition qui a été partagée et signée en masse, ainsi que celle mise par des mécènes ainsi que le public. Deux festivals avaient déjà décidé de déprogrammer le chanteur même si au départ, ils avaient fermement l'intention de le soutenir.

Bertrand Cantat continuera malgré tout sa tournée en salle et se produira le 30 mai prochain à l'Olympia de Paris.

L'ancien leader de Noir Désir en dit beaucoup plus dans une lettre qu'il a publiée sur son compte Facebook, sans faux semblants ni langue de bois. Voici sa lettre :

"Je m'appelle Bertrand Cantat et j'ai été condamné en 2003 à huit ans de prison pour meurtre sur la personne de Marie Trintignant sans intention de donner la mort [Nadine Trintignant rappelait hier soir dans Stupéfiant que sa fille avait reçu vingt-trois coups, NDLR]."

"J'en tremble encore en l'écrivant. Il est des trous noirs dans le tissu de la vie qui ne se comblent pas. Je n'ai cependant pas cherché à ma dérober aux conséquences et donc à la justice. Je renouvelle ici ma compassion la plus sincère, profonde et totale à la famille et aux proches de Marie."

"J'ai payé la dette à la laquelle la justice m'avait condamné. J'ai purgé ma peine. Je n'ai pas bénéficié de privilèges. Je souhaite aujourd'hui, au même titre que n'importe quel citoyen, le droit à la réinsertion."

"Le droit d'exercer mon métier, le droit pour mes proches de vivre [ses enfants Milo et Alice, nés en 1997 et 2002 de la regrettée Kristina Rady, qui s'est suicidée en 2010, NDLR] en France sans subir de pression ou de calomnie. Le droit pour le public de venir à mes concerts et d'écouter ma musique."

Récemment, Nadine Trintignant, la mère de Marie s'exprimait sur le chanteur en disant que Bertrand Cantat n'était pas un artiste comme les autres.

"Il va se faire applaudir après avoir tué ? Mais est-ce que ça a déjà existé ? J'ai cherché, je suis remontée jusqu'au Moyen Âge, j'ai cherché si un tueur est venu après et s'est fait applaudir, ça n'a pas existé", affirme la mère de Marie, se demandant pourquoi Cantat ne travaillait-il pas dans l'ombre pour d'autres artistes. Et d'ajouter à propos de son public, qu'elle ne le juge pas mais ne le comprend pas non plus : "Qu'est-ce qu'ils font du sang, des coups, des larmes..."

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