Arrestation et 36 heures dans un cellule - c'est ainsi que des adolescents ont dû payer pour avoir taggé un mur

Des lycéens ont passé 36 heures de garde à vue à Ivry pour avoir taggé l'un des murs de leur établissement.

La directrice de leur lycée a décidé de porter plainte pour "dégradation" ce qui a conduit à l'arrestation des adolescents que leur avocat décrit comme "violente".

Les tags qui ont été inscrits sur le mur du lycée au marqueur bleu sont au nombre de trois: "Macron démission", "On veut des profs".

Cela a cependant valu à six lycéens, quatre d'entre eux étant âgés de 16 ans, de passer la nuit de lundi à mari en garde à vue, après avoir été arrêtés non loin de l'établissement. Les forces de l'ordre sont intervenues après avoir été appelées par un témoin.

Une réaction plutôt virulente pour des graffitis dont les lycéens ne sont peut être même pas les auteurs. En réaction à cela, leurs amis ont décidé de bloquer le lycée et les élèves ont reçu les soutiens des maires d'Ivry et de Vitry. 

Cinq de ces adolescents sont représentés par le même avocat, maître Jean Toussaint Giacomo. Il évoque "une interpellation violente" et tiens à rappeler que ces jeunes gens "qui n’ont pas été identifiés, nient être les auteurs des tags".

Et en effet, les lycéens ont été choqués par la manière dont ils ont été arrêtés par les forces de l'ordre. Un membre du groupe témoigne en disant: "C’est violent : on est resté deux heures menottés au banc avant d’être transféré dans une cellule où ça puait l’urine. Un policier m’a même mis un coup de tête."

Un autre de ses camarades raconte ce qui lui est arrivé: "Pendant le contrôle, un policier de la Bac (Brigade anticriminalité) m’a balancé un coup de pied dans les testicules. J’ai même dû insister pour lire le procès-verbal de l’interrogatoire, mais on me l’a ensuite arraché des mains en me disant que je ne savais pas lire."

Les parents de ces élèves ne comprennent pas la manière dont leurs enfants ont été traités.

"Pourquoi une garde à vue aussi longue ? Est-ce parce qu’il s’agit d’un tag anti-Macron ? C’est totalement disproportionné".

Mais les forces de l'ordre sont catégoriques. Le fait que le message parle du président n'a rien à voir avec la manière dont les lycéens ont été traités: "Nous n’avons pas interpellé ces jeunes pour des tags anti-Macron mais parce qu’ils dégradaient un lycée. Peu importe la teneur du message. Les six jeunes étaient en effet dans la dénégation totale et ils prétendaient même qu’ils ne se trouvaient pas sur place."

Suite à l'incident, 25 des professeurs de l'établissement se sont mis en grève. Ils ont annoncé qu'ils allaient continuer "tant que la plainte du lycée n’est pas retirée".

Les lycéens font désormais partie du mouvement des Gilets jaunes comme nous vous le disions dans un récent article. La jeune génération a en effet été appelée à manifester elle aussi. Apprenez-en plus en cliquant ici.

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