240 employés brûlent chaque jour du stock de papier après la liquidation de l'usine en Seine-et-Marne

Le 16 janvier dernier, l'usine d'Arjowiggins en Seine-et-Marne a été liquidée. Depuis, les 240 salariés mettent le feu au quotidien dans une partie du stock de papier qui est utilisé dans la fabrication des cartes grises des véhicules notamment.

L’usine d’Arjowiggins est localisée dans la région de Jouy-sur-Morin et détient la particularité d'être la seule en France à s'adonner à la confection du papier spécialisé qui est nécessaire pour fabriquer des cartes grises, permis de conduire, billets de banques (pour 120 pays) et les passeports.

Le 16 janvier dernier, l’entreprise a été judiciairement liquidée, ce qui oblige par conséquent le site à fermer ses portes à la fin du mois. Avec la mise en vente de l'usine, l’Etat entendait faire usage du stock de papier qui s'élève à environ une centaine de rouleaux et qui pèse 200 kilogrammes chacun.

Capture d'écran de l'usine de Arjowiggins Security de Crèvecoeur. | Google Maps

Capture d'écran de l'usine de Arjowiggins Security de Crèvecoeur. | Google Maps

"Toutes les douze heures, il y a une bobine qui part au feu... C'est leur monnaie d'échange"

La monnaie d’échange

Toutefois, ce plan risque de ne pas pouvoir être mené à réalisation, car les ouvriers en colère occupent les lieux et se sont mis à bruler une partie du stock... toutes les douze heures depuis le 22 janvier dernier.

"Toutes les douze heures, il y a une bobine qui part au feu... C'est leur monnaie d'échange", c'est ce message qu'a adressé à l’AFP, Patrice Schaafs qui est le délégué syndical CGT et secrétaire du comité central d’entreprise de Arjowiggins Security.

Menace de pénurie

Si les 240 salariés continuent leur mouvement a ce rythme et s'il n'y aucune interruption dans leur "liquidation" des bobines au chalumeau, l’Etat serait bien dans l'obligation de faire face à une disette de papier ce qui occasionnera l'impossibilité de confectionner des cartes grises, entre autres, d’ici à deux mois.

 Rassemblement devant l'usine Arjowiggins. | Youtube/Le Petit Courrier L'Echo de la Vallée du Loir

Rassemblement devant l'usine Arjowiggins. | Youtube/Le Petit Courrier L'Echo de la Vallée du Loir

Selon les propos de Patrice Schaafs, dix des 70 rouleaux de papier en réserve auraient déjà été brûlées. Or, pour alimenter un département en carte grises, il faut en général "une bobine"… Problème.

Les salariés d'Arjowiggings s'organisent tous les jours depuis le début de leur mouvement pour protéger le stock et se disent résolus à se faire indemniser de manière décente et adéquate. Leurs réclamations s'élèvent à 50 000 euros par salarié. Selon eux, c'est quatre-cents ans de connaissance et savoir-faire qui s'envolent avec la mise en liquidation de leur usine. Quant aux brevets, ils sont vendus.

Espérons qu’une entente soit trouvée au plus vite afin d’éviter cette crise en papier sécurisé qui s’annonce.

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