"Je suis innocente" : une femme accusée de maltraitance d'enfants réunit 200 familles pour prouver le contraire

Vanessa Keryhuel a été accusée à tort d'être à l'origine du syndrome du bébé secoué de son fils de 2 mois. La mère de famille va comparaître devant le tribunal le mois de mars prochain.

Tout a commencé le 16 février 2015 lorsqu'un bébé appelé Hylann avait une fièvre de 38,5 °C et n'arrêtait pas de pleurer. Vanessa, sa mère, a alors consulté sa pédiatre en craignant que l'enfant avait contracté la grippe dont souffrent deux membres de la famille.

La pédiatre envoie alors la mère de famille aux urgences. En arrivant là-bas, le bébé avait l'air d'aller mieux. Il a même pris son biberon, et avait souri.

Cependant, en auscultant le petit Hylann, son médecin avait remarqué que sa tête était anormalement grosse. Ce qui l'a amené à penser que l'enfant avait attrapé une infection de type méningite. Après quelques examens, le petit a été hospitalisé.

Deux jours après, il a passé au scan révélant deux hématomes sous-duraux. Le pauvre enfant souffrait du "syndrome du bébé secoué".

L'équipe médicale a alors signalé le procureur de la République de Rennes.

Les parents de Hylann ont été placés en garde à vue, et le bébé a été placé pour deux semaines. Après avoir perquisitionné leur maison ainsi que leurs portables, les gendarmes ont trouvé un SMS que Vanessa avait envoyé à une amie.

Des petits orteils de bébé | Source : Pixabay

Des petits orteils de bébé | Source : Pixabay

"Mon fils avait souvent des problèmes pour respirer la nuit. Ça nous stressait beaucoup et j’expliquais dans ce message que j’avais dû le secouer pour qu’il revienne à lui. Le gendarme a pris ça comme un aveu alors que je l’avais seulement sorti un peu rapidement de sa nacelle pour qu’il reprenne sa respiration.",

a expliqué la mère de famille.

Par la suite, le mari de Vanessa a été innocenté, et est parti vivre chez sa mère. Cependant, la maman de Hylann a été consignée à une interdiction d'entrer en contact avec ce dernier.

Pied d'un Bébé | Source : Pixabay

Pied d'un Bébé | Source : Pixabay

"Et moi, on me laisse seule m’occuper de son grand frère alors qu’on m’accuse de maltraitance. Logique !",

lance-t-elle.

SUR LA FIABILITÉ DU SYNDROME

En mars 2015, le placement de Hylann a pris fin, le petit est parti vivre chez son père. Toute la famille ne sera réunie qu'après quatre mois. L'enquête judiciaire se poursuit. La première expertise du dossier conclut un syndrome du bébé secoué.

"Je ne dis pas que le syndrome du bébé secoué n’existe pas, mais je suis innocente. Est-ce qu’on va enfin m’entendre le 4 mars ? Je ne demande même pas d’excuses, juste qu’on nous laisse tranquilles."

Vanessa Keryhuel va faire une comparution devant le tribunal correctionnel de Rennes pour violences volontaires sur mineur de moins de 15 ans par ascendant, le 4 mars prochain. Elle encourt 10 ans de prison. Le couple a consulté un expert à titre privé.

L'hypothèse médicale a révélé une hydrocéphalie externe.  En 2017, Vanessa décide de créer l'association Adikia, sur Facebook, pour venir en aide aux familles dans la même situation qu'elle. Soupçonnée à tort de maltraitance infantile, plus de 200 parents poursuivent l’hôpital Robert-Debré. Il reste donc à prouver la fiabilité du syndrome.

LE DÉCÈS D'UN BÉBÉ DE 3 MOIS APRÈS AVOIR ÉTÉ SECOUÉ

Le syndrome du bébé secoué est très dangereux pour un enfant.

Le 19 juillet dernier, dans la petite région de Salanque des Pyrénées-Orientales, un tragique incident a eu lieu. Un jeune père de famille s'est levé afin de s'occuper de l'un de ses jumeaux qui étaient âgés de 3 mois. Le bébé décède suite à un syndrome du bébé secoué.