"J’avais une main sur la corde et je tenais mon chat": une survivante de l’incendie de Paris en parle

Une survivante de l'incendie criminel qui a provoqué au moins 10 morts et fait plus d'une trentaine de blessés dans le 16e arrondissement de Paris, raconte son histoire.

La ville de Paris est récemment devenue la scène d'un incendie mortel qui aurait causé la mort de 10 personnes et occasionné plus d'une trentaine de blessés, selon un dernier bilan dramatique. Si pour le moment les enquêtes semblent favoriser l'hypothèses d'un incendie criminel volontaire, la suspecte, habitante de l’immeuble, a été appréhendée et mise en détention psychiatrique.

"Quand je l’ai croisée, elle m’a souhaité bon courage parce que j’aimais les flammes… J’ai senti l’odeur de brûlé. Et je me suis aperçu qu’elle a mis le feu à tout le deuxième étage", raconte un jeune homme en conflit avec la suspecte.

Tandis que les témoignages affluent de la part de rescapés du drame, semblant confirmer le fait qu'Essia B, âgée de 40 ans et aux lourds antécédents psychiatriques, puisse être en l'auteur, le récit provenant d'une survivante du nom de Morgane mérite un peu d'attention.

(Traduction: Au moins sept personnes sont mortes et 27 autres blessés après un incendie de bâtiment dans Paris. Les flammes ont dévasté l'immeuble de huit étages au 16ème arrondissement de la capitale Française. Des témoins racontent que des survivants ont du grimper sur les toits pour échapper à l'expansion infernale du feu. 200 pompiers étaient sur la scène.)

"J’avais une main sur la corde, et de l’autre je tenais un sac avec mon gros chat. Je ne me voyais pas laisser un être vivant mourir, je m’en serais voulu", explique Morgane.

Une nuit en enfer

"Au moment où l’incendie s’est déclaré, je ne dormais pas, car je préparais un entretien important pour le lendemain. J’entends un bruit phénoménal dehors. J’ouvre la fenêtre et vois les gens appeler au secours dans tous les appartements", se souvient Morgane qui fonce vers son studio pour faire la désagréable découverte d'un épais brouillard envahissant sa demeure.

D'un trait elle a refermé la porte, réveillé l’amie qu'elle hébergeait et pris mon chat dans mes bras pour se réfugier dans le salon où les deux jeunes femmes ont subi quarante-cinq minutes interminables à combattre la suffocation avant d'ouvrir les fenêtres pour crier au secours. Quarante-cinq longues minutes durant lesquelles, raconte Morgane, elles ont "pensé à faire une chaîne de draps pour descendre en rappel, ou à sauter sur l’immeuble d’en face".

Sauvées in-extremis

Finalement, les pompiers sont arrivés sur place et ont pu les évacuer le long de la façade depuis le quatrième étage, dans une intervention perçue comme étant précipitée par Morgane et dont elle ne garde qu'un souvenir confus.

"J’avais une main sur la corde, et de l’autre je tenais un sac avec mon gros chat. Je ne me voyais pas laisser un être vivant mourir, je m’en serais voulu", explique Morgane.

Vers 1h30 du matin, Morgane et son amie ont reçu les premiers soins de la part des pompiers dans un autre hall d’immeuble de la rue ou elles avaient été conduites. Admises à l’hôpital, elles y passeront une nuit afin de se faire soigner de blessures superficielles et d'une éventuelle intoxication au monoxyde de carbone.

Des images de l'immeuble aprs l'incendie | Youtube/Le Parisien

Des images de l'immeuble aprs l'incendie | Youtube/Le Parisien

Des normes de sécurité désuettes

Toutefois, la styliste n'a pas donné son avis sur la présumée incendiaire, internée à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, sinon de faire savoir qu'un ses meilleurs amis, ayant déménagé de la rue Erlanger deux semaines plus tôt, lui disait "qu'il en avait marre de cette folle", qu'il croisait à moitié nue dans les couloirs.

Et, si elle est la véritable coupable, elle croit que l'ancienneté de l'immeuble et le fait que "les normes de sécurité n’étaient pas à jour" ont bien pu aider le feu destructeur à se propager plus rapidement et causer plus de drame car "Il n’y avait ni trappes, ni échappatoires en haut de l’immeuble, ce qui a entraîné un reflux de la fumée vers la cage d’escalier et les appartements. Il n’y avait pas non plus d’extincteurs, de portes coupe-feu ou d’alarme groupée", déplore-t-elle.

Cinq heures de cauchemar

Morgane est actuellement chez ses parents en province, elle estime avoir perdu beaucoup de choses importantes durant la tragédie, notamment ses papiers. Et n'est pas la seule à avoir collecté des souvenirs cauchemardesques de cette soirée.

"J’ai été réveillée par des cris. (...) J’entendais les jeunes filles et les jeunes gens crier : Au secours au secours", se souvient Nathalie.

"À une heure du matin, nous avons été réveillés par l’alarme incendie dans la chambre. Quand j’ai ouvert la porte du salon, j’ai vu les flammes", raconte Clément, 22 ans, un habitant du troisième étage.

"J’ai conseillé à ceux qui m’ont ouvert d’évacuer les lieux rapidement, puis j’ai dévalé les escaliers pour aller prévenir les occupant du 2e et du 1er étage avant de regagner le quatrième. Face au danger, chaque seconde compte", confie Fabrice, un policier qui vit aussi au 3e étage.

En tout, deux cents pompiers auront été mobilisés pour parvenir à maîtriser les flammes dans un combat qui a duré plus de 5 heures d'horloge. Selon un rapport du parquet de Paris, l'incendie criminel a fait au moins 10 morts et plus d'une trentaine de blessés, dont un pompier. Danièle Giazzi, maire du XVIe arrondissement de Paris a annoncé qu'une cellule d’urgence est ouverte dans sa mairie.

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