Services funéraires: mourir coûte trop cher, selon la Cour des comptes

Après les urgences hospitalières, la sécurité alimentaire ou encore le travail détaché c’est le secteur des pompes funèbres qui est pointé du doigt dans le rapport annuel de la Cour des comptes.

La Cour des comptes a publié ce mercredi 6 fevrier son rapport annuel 2019. Le document met en lumière des exemples de mauvaise gestion de l'argent public. Parmi les points marquants identifiés cette année par les magistrats financiers, c’est le secteur des pompes funèbres qui est pointe du doigt.

Il y a 25 ans, la loi abrogeait le monopole des communes sur les services funéraires. L’objectif de cette ouverture à la concurrence était de faire baisser les prix tout en assurant un meilleur service aux familles.

LES CONTRADICTIONS AVEC L'OBJECTIF DE LA LOI

Mais aujourd’hui, la Cour des comptes a constaté tout le contraire de ce qui était attendu de la reforme. "Insuffisamment contrôlé, le secteur se caractérise par sa concentration, la hausse des prix et leur manque de transparence".

Le coût des obsèques atteint aujourd’hui en moyenne 3350 € pour une inhumation, et 3609 € pour une crémation.

Un ordonnateur des pompes funèbres montrant une plaque commémorative à une femme | Photo: Shutterstock

Un ordonnateur des pompes funèbres montrant une plaque commémorative à une femme | Photo: Shutterstock

Une source souligne aussi que l’indice des prix des prestations funéraires a augmenté deux fois plus vite que celui de l'inflation, depuis l’ouverture à la concurrence en 1993.

Aujourd'hui, l'écart de prix entre les opérateurs peut aller de 20 à 60%. Ce sont toutefois les opérateurs publics qui proposent les tarifs les plus raisonnables. 

Marché aux fleurs devant un cimetière | Photo: Shutterstock

Marché aux fleurs devant un cimetière | Photo: Shutterstock

Autre constat en contradiction avec l'objectif de la loi: les familles sont le plus souvent mal informées du coût réel, le principe de mise à disposition de devis-type n’étant pas toujours respecté.

Or, "plus de 60% des communes contrôlées n'avaient pas mis, ou de manière partielle seulement, les devis types à disposition du public car les opérateurs ne les avaient pas transmis", a constaté la haute juridiction financière.

DES SOLUTIONS A APPORTER SELON LA COUR DES COMPTES

Dans ce contexte, la Cour souligne que les autorités nationales et locales "doivent pleinement assumer leurs responsabilités en matière de contrôle".

Elle recommande notamment aux collectivités de "renforcer le contrôle des contrats de délégation de service public", en particulier en ce qui concerne les tarifications.

EDF DOIT SUPPRIMER "L'AVANTAGE ENERGIE", ESTIME LA COUR

EDF a aussi fait l'objet des principales critiques de la Cour des comptes. Ce après l'annonce d'augmentation du prix de l'électricité dont nous vous parlions dans notre précédent article.

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