Marie-Claire, 72 ans, perçoit une pension de 612 € : "Devoir se priver de tout, c'est inadmissible"

Plusieurs retraités se sont déjà plaints de la précarité de leur vie. Marie-claire a aussi décidé de témoigner sa situation.

Face à la crise actuelle en France, les citoyens ne cessent de crier leur "ras-le-bol". Aux côtés des SDF, et des handicapés, les retraités sont classés parmi les plus vulnérables. Et nombre d'entre eux ont rejoint le rang des Gilets jaunes.

L'une d'entre eux a décidé de faire un témoignage au micro de France 3. Cette dernière est une retraitée agricole âgée de 72 ans.

Marie-Claire Hogonnenq est une habitante d’Aiguillon dans le Lot-et-Garonne, en Nouvelle-Aquitaine. Elle fait partie de ces retraités qui vivent misérablement de leur pension, et qui ont décidé d'élever la voix pour sefaire entendre.

L'octogénaire touche actuellement 612 euros par mois, et elle a expliqué qu'elle n'a cotisé que durant 20 ans.

UNE PENSION PRÉCAIRE

Auparavant, Marie-Claire travaillait pour ses beaux-parents, qui étaient des agriculteurs. Elle travaillait pour eux sans salaire, mais juste en échange de services. Seul son mari était salarié. D'ailleurs, c'étaient ses beaux-parent qui les logeaient à l'époque.

"Devoir se priver de tout, c'est inadmissible"

Plus tard, elle a quand même réussi à acheter une petite propriété agricole en fermage.

Marie Claire dans "Grand débat : la précarité des femmes retraitées agricoles" | source :  France 3 Nouvelle-Aquitaine / youtube

Marie Claire dans "Grand débat : la précarité des femmes retraitées agricoles" | source : France 3 Nouvelle-Aquitaine / youtube

Son mari Michel, qui a pu cotiser tout le long de sa carrière, équivalant à 43 ans, touche 770 euros. Le couple fait de leur mieux pour se débrouiller, mais la situation n'est pas facile à gérer.

Une fois qu'ils règlent la facture d'électricité, la taxe foncière ainsi que la taxe d'habitation, il ne leur reste que 850 euros pour un mois.

"Autant vous dire que les agences de voyages ne nous connaissent pas, les restaurants, on passe devant ",

a confié Marie-Claire.

Marie Claire dans "Grand débat : la précarité des femmes retraitées agricoles" | source :  France 3 Nouvelle-Aquitaine / youtube

Marie Claire dans "Grand débat : la précarité des femmes retraitées agricoles" | source : France 3 Nouvelle-Aquitaine / youtube

Les amoureux vieillissent, et ils commencent à avoir du mal à s'occuper de leur propriété. Ils ne leur restent que leur maison et les 6 hectares.

Pourtant leur enfant vit à Tarbes, et elle n'a pas repris l'exploitation de ses parents. Jusqu'à maintenant, personne n'a voulu racheter la propriété, ou même la prendre en fermage.

"Les gilets jaunes... Je suis allée trois après-midi au rond-point de Damazan. C'est inadmissible, des gens qui ont cotisé toute leur vie doivent avoir le minimum vital. Qu'on ne puisse pas, comme toute personne, faire un petit voyage, partir en vacances.",

a-t-elle expliqué.

Marie Claire dans "Grand débat : la précarité des femmes retraitées agricoles" | source :  France 3 Nouvelle-Aquitaine / youtube

Marie Claire dans "Grand débat : la précarité des femmes retraitées agricoles" | source : France 3 Nouvelle-Aquitaine / youtube

Marie-Claire trouve la situation actuelle des retraités scandaleuse. En effet, ils se privent de tout. Ils n'ont plus les moyens d'aller au restaurant, ou prendre de petites vacances. Ils ne s'accordent que le minimum vital avec la pension qu'ils touchent.

Elle a aussi ajouté que si elle était plus jeune, elle partirait manifester à Paris, Marseille et même Bordeaux.

UN AUTRE TÉMOIGNAGE

Ce témoignage nous ramène à celui de Monique Pinte. Elle est une retraitée de 65 ans qui a aussi témoigné de ses misères au quotidien sur France 3.

Elle a expliqué qu'après avoir tout réglé, il ne lui restait presque rien. Il lui arrive même de ne pas manger pendant deux jours.