Les Français devraient-ils supprimer un jour férié pour un autre jour de solidarité ?

Le gouvernement envisagerait la création d'une deuxième journée de solidarité pour financer la prise en charge des séniors. L'éventuelle mesure qui a provoqué de nombreuses réactions. 

C’est une proposition de mesure qu’Emmanuel Macron devait annoncer dans son allocution jamais diffusée à la télévision en raison de l'incendie de Notre-Dame de Paris, lundi 15 avril.

Le porte-parole LREM, Aurore Bergé a défendu la proposition du Président dans les colonnes du JDD. Selon la députée, l’augmentation du temps de travail peut passer par

"la création d’une nouvelle journée de solidarité pour financer la prise en charge de la dépendance et du grand âge."

Elle se dit également

"persuadée que les Français sont d’accord pour travailler plus si on explique que 100 % des recettes de la journée de solidarité sont consacrées à la baisse de leurs impôts ou au financement des Ehpad."

Bruno Bonnell, député LREM de la 6e circonscription du Rhône, soutient aussi cette proposition. Il a loué ce lundi 22 avril sur FranceInfo une mesure "intelligente", admettant qu'"il n'y avait pas de miracle (...) il faudra travailler plus".

Mais d’après le sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 54% des Français ne sont pas d’accord pour travailler davantage. Thibault, directeur de centre de loisirs, fait partie de ceux-là :

"Je pense qu’on travaille déjà suffisamment. De nous faire travailler un jour férié en plus je ne suis pas sûr que ce soit la solution, il y a d’autres pistes à étudier. Moi je tiens à mes jours fériés, pour moi, c’est important de pouvoir se reposer, de profiter. Il faut taxer un peu plus les plus fortunés et les moins fortunés, nous laisser un peu tranquille. Si tout le monde se mobilise, on peut trouver des solutions, les fonds nécessaires pour d’autres projets"

explique-t-il.

L'IDÉE RELANCÉE LORS DU GRAND DÉBAT

En mars dernier, Stanislas Guerini, délégué général du parti majoritaire, avait déjà avancé l'idée de "travailler une journée supplémentaire" par an dans le but de financer les coûts liés à la dépendance.