Prise d'otages à Blagnac : Un passé difficile du garçon de 17 ans élevé sans père

La prise d’otages dans un bar PMU de Blagnac s’est terminée ce mardi 7 mai sans faire de victimes. Qui est le jeune homme qui a retenu 4 femmes pendant près de cinq heures ?

Dès le début des négociations avec le preneur d’otages dans un bar-tabac de Blagnac, les enquêteurs tentent de dresser son profil pour pouvoir l'identifier.

Très vite, ils apprennent qu’il s’agit de Yanis D., un adolescent de 17 ans, qui présente un profil de petit délinquant local. Il est, en effet, connu des policiers du commissariat de Blagnac pour des faits de "violences, recels et dégradations de biens publics" commis en banlieue toulousaine depuis l’âge de 13 ans.

Les enquêteurs découvrent aussi que l’individu faisait partie des personnes interpellées le 15 décembre 2018 à Toulouse en marge de l’acte V des Gilets jaunes.

Selon le procureur de Toulouse, Dominique Alzeari, "Ce n'était pas non plus quelqu'un de classé comme dangereux".

Dans une lettre, découverte lors de la perquisition au domicile de l’auteur de cette prise d’otages, ce dernier se présentait effectivement comme "le bras armé des Gilets jaunes".

D'après le même courrier écrit sous forme de testament, "il semble assez dépressif, ou en tout cas préoccupé par son état de santé, et il fait une allusion au mouvement des Gilets jaunes mais en assurant que l'acte qu'il voulait commettre n'irait pas au-delà de cette démarche finalement un peu spectaculaire", selon le procureur.

Mais les vraies motivations de cet adolescent, marqué entre autres par l’absence du père, restent floues. En tout cas, il a bien suivi ce qu'il avait écrit dans sa lettre, dans laquelle, il expliquait ne pas vouloir faire de blessés. 

Dès son irruption dans le bureau de tabac, le jeune homme a d'abord laissé partir tous les clients du commerce. L'un d'eux a témoigné au micro de France Bleu Occitanie :

"J’ai vu ce jeune homme casqué qui est rentré et qui faisait sortir les gens un à un gentiment. Quand mon tour est venu, je lui ai demandé pourquoi. Il m’a dit que c’était mieux pour moi."

Quant aux otages, il ne leur a pas fait du mal non plus. 

"Les otages disent qu'il n'était pas agressif, pas violent avec les otages",

a précisé Joseph Carles, le maire de Blagnac sur BFMTV. 

Selon le témoignage du compagnon d'une des otages, le ravisseur a même laissé cette dernière l'appeler au téléphone pendant quelques secondes :

"Le preneur d’otages les a laissées appeler leurs proches avec le téléphone du tabac",

raconte Jamel.

"Elle m’a dit que tout allait bien, qu’il était assis dans le bar. Apparemment, c’est un petit jeune de 17 ans qui a pété un plomb !",

ajoute ce quadragénaire dont la compagne était prise en otage.

AUTRES DÉTAILS DE LA PRISE D'OTAGES

Ici, vous trouverez d'autres détails au sujet de la prise d'otages dans un bureau de tabac de Blagnac.