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Petit garçon triste pleurant dans une pièce sombre I Photo d'illustration I Source : Getty images
Petit garçon triste pleurant dans une pièce sombre I Photo d'illustration I Source : Getty images

Abus sexuels sur mineur : une professeure enceinte de son élève face à la justice

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28 janv. 2026
15:00

Professeure de musique dans une école privée, Naomi Tekea Craig a reconnu devant la justice avoir abusé sexuellement d’un élève pendant plus d’un an. Quelques jours avant son arrestation, alors enceinte de l’enfant issu de ces crimes, elle posait encore lors de séances photo de grossesse.

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Au début de l’été austral, sur les quais animés de Fremantle, les passants ne voyaient qu’une femme enceinte, posant calmement face à l’objectif. Le ventre arrondi, le regard fermé, les cheveux soigneusement coiffés, Naomi Tekea Craig semblait incarner une maternité assumée, presque célébrée. Les séances photo se succédaient, capturant l’image d’une future mère rayonnante, dans des décors urbains ou maritimes baignés de lumière. Rien, absolument rien, ne laissait deviner que ces images étaient prises dans les tout derniers jours d’une liberté bientôt brisée.

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Car derrière cette mise en scène maîtrisée se dissimulait une réalité d’une gravité extrême. Mardi 27 janvier 2026, la justice australienne a levé le voile sur ce que la presse locale décrit désormais comme l’un des faits divers les plus troublants de l’Australie-Occidentale. Naomi Tekea Craig, 33 ans, ancienne professeure de musique, a plaidé coupable à quinze chefs d’accusation liés à des abus sexuels sur mineur, commis sur une période de plus d’un an.

L’audience s’est tenue au tribunal de Mandurah, au sud de Perth. L’accusée a comparu à distance, par vidéoconférence. À l’énoncé de chaque chef d’accusation, sa réponse est restée identique, brève, presque mécanique : coupable. Une formule répétée quinze fois, qui a suffi à faire basculer définitivement l’affaire dans le champ des certitudes judiciaires.

Les faits reprochés remontent à octobre 2024, période durant laquelle Naomi Tekea Craig était employée au Frederick Irwin Anglican School de Meadow Springs, un établissement privé accueillant des élèves de la maternelle à la terminale. Selon l’enquête, les abus ont commencé alors que la victime — un garçon — n’avait que 12 ans. Ils se seraient poursuivis jusqu’en décembre 2025, ne cessant que quelques jours avant l’arrestation de l’enseignante.

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Juge tenant un marteau dans une salle d'audience I Photo d'illustration I Source : Getty Images

Juge tenant un marteau dans une salle d'audience I Photo d'illustration I Source : Getty Images

La justice retient notamment plusieurs chefs de pénétration sexuelle sur un enfant de moins de 13 ans, ainsi que d’autres faits commis alors que la victime était âgée de plus de 13 ans mais de moins de 16 ans. Le dossier inclut également des accusations de comportement sexuel persistant envers un mineur, d’attouchements indécents et de détention de matériel d’exploitation d’enfants. Initialement poursuivie pour quatre infractions, l’accusée a vu onze charges supplémentaires ajoutées au fil de l’instruction, toutes reconnues sans contestation.

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L’affaire a pris une dimension encore plus vertigineuse lorsqu’un élément biologique est venu sceller l’ampleur du drame : l’enfant né le 8 janvier dernier est issu de cette relation criminelle. Des analyses ADN, réalisées à partir d’un prélèvement sur le placenta, ont établi un lien génétique entre le nourrisson et la victime. Un fait rare, qui a profondément marqué l’opinion publique australienne.

Au moment de son arrestation, Naomi Tekea Craig était officiellement en congé maternité. Mariée depuis 2019 à son compagnon de longue date, elle était déjà mère d’un premier enfant. Les photographies de son mariage, largement diffusées à l’époque, la montrent souriante, entourée de proches, dans une vie que rien ne semblait alors assombrir.

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Originaire de Mandurah, elle avait suivi un parcours académique classique : un Bachelor of Arts à l’Université d’Australie-Occidentale, puis un diplôme d’enseignement à l’Université Edith Cowan. Après un passage par Melbourne, où elle s’était mariée et avait donné naissance à son premier enfant, le couple serait revenu s’installer dans la région de Mandurah entre 2022 et 2023.

C’est dans ce contexte qu’a émergé ce que les médias australiens décrivent aujourd’hui comme une véritable double existence. Tandis que l’enquête judiciaire avançait discrètement, Naomi Tekea Craig multipliait les séances photo de grossesse. Trois shootings professionnels ont été réalisés alors qu’elle était enceinte de sept à huit mois. Certaines images la montrent vêtue de tenues soigneusement choisies pour mettre en valeur son ventre, dans des poses stylisées, parfois audacieuses. L’un de ces shootings a notamment eu lieu à Fremantle, dans un lieu très fréquenté.

Les dernières photos ont été mises en ligne début décembre, moins de dix jours avant la date retenue par la justice comme celle du dernier abus. Ce décalage temporel, brutal, a frappé les observateurs : d’un côté, une mise en scène esthétique de la maternité ; de l’autre, la poursuite d’actes criminels sur un enfant.

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Face à la gravité des aveux, la magistrate Clare Cullen a décidé de transférer l’affaire devant la District Court, juridiction supérieure compétente pour juger ce type de crimes. Naomi Tekea Craig devra y comparaître en personne le 27 mars prochain. Sa liberté sous caution a été prolongée, mais assortie de conditions particulièrement strictes : elle n’est plus autorisée à avoir de contact non supervisé avec des personnes de moins de 18 ans, y compris son propre enfant aîné. Seul son nourrisson fait exception.

Aujourd’hui, à Mandurah comme à Perth, l’affaire continue de susciter une onde de choc. Elle interroge sur les failles, les silences et les apparences trompeuses. Derrière les sourires figés des photographies et l’esthétique soignée des derniers jours de liberté, se dessine désormais le visage d’une chute brutale, celle d’une femme dont la double vie a fini par être exposée au grand jour — par la justice, et par les faits eux-mêmes.

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