Mort de Naomi Musenga: L'opératrice du Samu qui a reçu son appel est "effondrée"

Mort de Naomi Musenga. L’opératrice du Samu est "effondrée".

Ouest France nous parle de l'opératrice du Samu qui avait pris l’appel de Naomi Musenga, en décembre dernier, quelques heures avant sa mort, a pris conscience de la gravité des faits, selon des sources syndicales.

Le 29 décembre dernier, une opératrice du Samu a reçu l'appel de Naomi Musenga. Malheureusement, elle ne l'a pas prise au sérieux et quelques heures plus tard, la mère de 22 ans est décédée. 

Ce jeudi 10 mai, plusieurs sources syndicales ont pris la défense de cette opératrice âgée d'une cinquantaine d'années et très expérimentée. En effet, avant de s'occuper des appels d'urgence, elle était ambulancière. 

D'après les informations rapportées par France Inter, une source syndicale du CHU de Strasbourg a déclaré que l'opératrice "a pris conscience de la gravité de ce qu'elle a fait" et qu'elle est "effondrée".

"Notre collègue est actuellement très mal", a déclaré Jean-Claude Matry, le président de la CFTC des hôpitaux universitaires de Strasbourg lors de son passage sur RMC. "Elle réalise tout doucement sa mauvaise parole si je puis dire dans la culpabilité. Elle est suivie maintenant par la médecine du travail, par un psychologue du travail parce que là, effectivement, il faut qu’on l’aide. C’est d’abord, avant tout, un très bon élément. Elle a aidé les hôpitaux, elle a aidé le Samu. Était-elle fatiguée ce jour-là ? Nous ne le savons pas. Est-ce qu’il y avait eu plusieurs appels avant celui-ci, nous n’en savons rien".

Une source syndicale a été interrogée par France Inter et bien qu'elle avoue qu'il y a "une évidente faute preofessionnelle", la source a aussi évoqué la charge de travail énorme à laquelle l'opératrice avait été soumise. En effet, durant la période des fêtes c'est près de 3 000 appels qu'ils doivent prendre en charge tous les jours.

D'après les informations rapportées par BFMTV, ses collègues ont tous parlé d'une opératrice très investie et dévouée. Malheureusement, le 29 décembre était sa troisième journée consécutive de 12 heures de travail.

Et les syndicats ont tenu à rappeler que l'opératrice n'avait pas été la seule à prendre cet appel en charge. Au départ, ce sont les pompiers qui le lui ont transmit et le lui ont présenté de manière très méprisante: "La dame que j’ai au bout du fil, elle me dit qu’elle va mourir. Si si, ça s’entend, elle va mourir."

Est-ce que cela a joué sur la manière dont l'opératrice a traité le dossier? "Une enquête a été diligentée, rappelle Jean-Claude Matry. Derrière, il y a trois entités qui sont visées : le Samu bien sûr, mais au préalable, il y a d’abord les pompiers, ensuite il y a SOS Médecins. Je ne voudrais pas que cette personne soit le point visé de tous les maux du monde".

L'opératrice a pour l'instant été suspendue et le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête préliminaire pour "non-assistance à personne en péril".