Fin de vie : à Niort, Jean, 68 ans, opte pour le suicide assisté

En attendant que la question de la légalisation de l'euthanasie soit décidée lors de la prochaine loi Bioéthique, un Niortais atteint de sclérose en plaques, lui, a pris sa décision : il s'est payé un suicide assisté en Suisse pour quand son corps le lâchera entièrement.

Comme rapporté par le site internet de France Bleu, dans trois mois, le comité consultatif national d'éthique rendra son avis sur le rapport de synthèse des états généraux de la Bioéthique en France.

Dans ce rapport, il y a également des sujets assez controversés, comme celui de la légalisation de l'euthanasie.

A Niort, un homme a choisi de ne pas attendre la loi, et a pris la décision de commettre un suicide assisté. Il sera donc obligé de se rendre en Suisse, car la procédure n'est pas légale en France.

Ce niortais du nom de Jean a 68 ans et est atteint de sclérose en plaques depuis 28 ans. Lui qui était rugbyman d'1m90 a perdu progressivement le contrôle de son corps.

Il se déplace aujourd'hui en fauteuil roulant, et ne peut plus bouger que la main droite, qui lui sert à bouger la souris de son ordinateur ou à bouger son fauteuil.

Le sourire toujours présent malgré tout, Jean a avoué qu'il avait choisi il y a quelques années de se rendre en Suisse pour y mourir. En 2008, son médecin lui a appris qu'il ne lui restait pas beaucoup de temps à vivre.

Mais lui qui était une force de la nature, refuse de dépérir. La psychothérapie l'aide à accepter son handicap, mais il refuse catégoriquement de "finir comme un légume à regarder le plafond dans un lit d'hôpital".

Quelques années plus tard, Jean découvre l'ADMD, l'association pour le droit à mourir dans la dignité. Il envoie alors un mail à ses deux filles, ses deux frères et ses amis, intitulé "Dignité".

"Bonjour à tous, la décision est difficile à prendre mais je précise qu'à 75 ans, j'irai en Suisse pour mourir. Et peut-être que j'irai plus tôt, si la masse des emmerdements dépasse la masse des satisfactions. Bises". Signé : "Nano, papa ou Jeannot". Mail du 23 août 2016 à 15h18

"La masse des emmerdements" soit le jour où la paralysie envahira totalement son corps, ce qui correspondrait à lui à une perte totale de dignité. En Suisse, une clinique a accepté son dossier. Il n'aura qu'à appeler pour prendre rendez-vous.

Lors de ce voyage, il ne sera accompagné que par deux amis. En effet, Jean veut protéger ses deux filles.

"C'est de l'amour, il veut nous préserver. Même si avec le temps on a accepté la décision. On n'est jamais prêt à voir partir un papa".

Ce sont donc ses amis qui seront à ses côtés quand il recevra l'injection létale sous contrôle des autorités locales.

Ils vont mettre le médicament dans ma perfusion, et je m'endormirai. Je mourrai. Sereinement."

Pour son dernier voyage, l'ancien rugbyman, hédoniste, amoureux de la vie et ses plaisirs, a déboursé 12 000 euros. Aujourd'hui, Jean espère vivement que la France évoluera sur le thème du suicide assisté.

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