
De Grey’s Anatomy à la réalité : Patrick Dempsey tend la main à Eric Dane face à la SLA
Ils avaient incarné l’amitié parfaite sous les néons feutrés d’un hôpital fictif. Deux chirurgiens charismatiques, deux surnoms devenus cultes, deux visages associés à l’âge d’or de Grey’s Anatomy.
Près de vingt ans plus tard, la fiction a laissé place à une réalité autrement plus brutale. Eric Dane, l’inoubliable Dr Mark Sloan, affronte aujourd’hui un combat que ni le talent ni la célébrité ne permettent d’éviter : celui contre la sclérose latérale amyotrophique.
Dans cette traversée éprouvante, une présence demeure. Silencieuse, fidèle, fraternelle. Celle de Patrick Dempsey. À 60 ans, l’acteur que le monde connaît sous le nom de Dr Mamour n’a jamais cessé de considérer Eric Dane comme bien plus qu’un ancien partenaire de plateau.

Patrick Dempsey et Eric Dane dans GREY'S ANATOMY - « La vie en temps de guerre » I Source : Getty Images
Dans un entretien accordé à Parade fin janvier, sa voix se fait grave, mesurée, presque pudique. Il raconte les messages échangés, les tentatives pour retravailler ensemble, l’espoir discret de réunir à nouveau deux trajectoires longtemps liées.
« Je lui ai parlé il y a quelques semaines. Nous avons beaucoup échangé par messages. Nous avons même essayé de lui trouver un rôle dans ma nouvelle série », confie-t-il. Le projet n’aboutira pas. Non par manque de volonté, mais parce que la maladie, elle, n’attend pas. « La progression de la SLA rendait cela pratiquement impossible. »

Patrick Dempsey et Eric Dane dans GREY'S ANATOMY - « Se souvenir du temps » I Source : Getty Images
Pourtant, Patrick Dempsey s’accroche à une image plus lumineuse. Celle d’Eric Dane encore au travail, encore debout. « J’ai été heureux de voir qu’il était à Toronto, sur le tournage d’une autre série médicale. » Une manière de dire que, malgré tout, son ami continue d’exister là où il s’est toujours senti vivant : devant une caméra.
Une fraternité qui dépasse la fiction
Entre 2006 et 2012, Derek Shepherd et Mark Sloan étaient bien plus que des collègues à l’écran. Leur complicité faisait battre le cœur de la série. Hors caméra, elle a résisté au temps, aux carrières divergentes, aux silences.

L'acteur Eric Dane et Janell Shirtcliff assistent à la première à Los Angeles de « Countdown » de Prime Video à Harmony Gold, le 18 juin 2025 à Los Angeles, en Californie I Source : Getty Images
Aujourd’hui, Patrick Dempsey ne cache ni son admiration ni sa douleur. « C’est très dur pour lui. J’essaie de rester en contact, de prendre des nouvelles. Je le trouve incroyablement courageux face à cette maladie terrible. » Puis il ajoute, comme pour rappeler l’essentiel : « Eric est un être humain merveilleux. Intelligent, drôle, profondément lumineux. »
Le mot revient souvent : déchirant. Pour lui, pour sa famille, pour ceux qui l’aiment. « Quand on voit à quelle vitesse cette maladie attaque le corps, on ne peut qu’être bouleversé. Mais Eric parvient malgré tout à apporter de la lumière. Il utilise sa plateforme de manière positive. » Un hommage discret, mais chargé d’une sincérité rare dans l’univers policé d’Hollywood.

Patrick Dempsey en visite aux studios SiriusXM le 28 janvier 2026 à New York I Source : Getty Images
L’absence qui en dit long
Le 24 janvier 2026, Eric Dane aurait dû être sous les lustres d’un hôtel de Pasadena, au cœur d’un gala organisé par l’ALS Network. Il devait recevoir le prix d’Advocate of the Year, saluant son engagement public depuis l’annonce de sa maladie. Il n’y sera finalement pas.
Les organisateurs évoquent avec pudeur les « réalités physiques de la SLA ». Une expression presque clinique pour dire l’essentiel : la fatigue extrême, le corps qui lâche, les limites imposées sans négociation possible.
Sur scène, c’est Aaron Lazar, acteur de Broadway et lui-même atteint de la SLA, qui reçoit le prix en son nom. Dans la salle, des visages familiers de Grey’s Anatomy — James Pickens Jr., Chandra Wilson — témoignent d’une fidélité intacte. Puis vient la voix d’Eric Dane, enregistrée.
« Ce prix n’est pas seulement pour moi. Il est pour ceux qui se battent à mes côtés. Pour chaque personne atteinte de la SLA, pour chaque aidant, pour chaque voix qui s’élève afin que le progrès devienne possible. » Il conclut par une promesse, presque un défi : « Ensemble, nous mettrons la SLA à terre. »
Créer malgré tout
En septembre, Eric Dane l’a dit sans détour : il se battra jusqu’au dernier souffle. Pour la recherche. Pour les autres. Mais surtout pour ses deux filles. « Je veux les voir diplômées. Mariées. Peut-être devenir grand-père. Je veux être là. »
Ce désir simple, universel, donne toute sa force à son combat. Il ne s’agit pas de vaincre la mort, mais de défendre la vie — tant qu’elle se tient debout.

Eric Dane assiste à la première et à l'after-party de « Countdown » le 18 juin 2025 à Los Angeles, en Californie I Source : Getty Images
En dépit de sa maladie, Eric Dane refuse de disparaître. Il a tourné, encore. Deux séries supplémentaires, dont Euphoria. Sur les plateaux, les équipes s’adaptent. Les scènes sont pensées pour préserver son énergie. Il joue souvent assis. Parfois, il mâche un chewing-gum — un détail qui intrigue les spectateurs, mais l’aide à lutter contre le brouillard cognitif.
Dans Brilliant Minds, il incarne un pompier incapable d’annoncer à sa famille qu’il est atteint de la SLA. La fiction rejoint la réalité, sans jamais sombrer dans le pathos.