Patrick Poivre d'Arvor : "J’ai perdu mes enfants avant mes parents, c’est inadmissible"

Lors de la publication de son roman "La vengeance du loup", édition Grasset, Faustine Bollaert a convié Patrick Poivre d'Arvor dans sa cuisine. Cette dégustation s'est vite transformée en une confession. En effet, il s'est confié concernant la mort de ses trois filles.

C'est lors de la parution de son vingt-et-unième roman que Faustine partageait un repas avec Patrick autour du plat préféré de ce dernier : un homard à l’Armoricaine, concocté par Benoit Gauthier, le chef du Grand Pan à Paris.

C'était un déjeuner chaleureux qui débutait autour d'une coupe de champagne. Cependant, l'émotion a pris place rapidement dans cette ambiance. La discussion s'est virée imprévisiblement dans la mort des enfants de Patrick. Une discussion à laquelle Faustine ne s'y attendait pas.

En effet, elle savait parfaitement que le fait de parler de ce sujet bouleversait Patrick, c'est pourquoi elle évitait de l'évoquer. Personne n'imaginait que sa fille Solenn mourait dans des circonstances atroces.

Pour rappel, le 27 janvier 1995, la jeune fille avait dix-neuf ans quand elle s'est suicidé en se jetant sous un métro de Paris après avoir souffert d'anorexie mentale durant des années.

Avant de se donner la mort, Solenn a laissé quelques mots à son père. Le journaliste a souvent confié que pas un jour ne passe sans qu'il ne pense à Solenn qui lui avait laissé une lettre d'adieu.

Quelques heures après les funérailles de sa fille, le journaliste s'est rendu au journal de 20 h sur le Divan de Marc-Olivier Fogiel pour exprimer ses émotions. Il a été l'invité de l’émission pour un programme propice aux confessions et aux confidences. Il a évoqué entre autres le décès de sa fille Solenn, à l’âge de 19 ans.

Le soir de ses funérailles, Patrick Poivre d’Arvor présentait le journal, une façon pour lui de faire face au drame. Une présence qui a touché bon nombre de téléspectateurs car il a reçu de nombreuses lettres de soutien. Il raconte :

"C’était magnifique. Aucune de ces lettres je ne les ai jeté".

Cependant, ce n'était pas les cas de ses confrères. Au lieu de l'épauler, ils l'ont  blâmé car il a mis le pied à l'antenne ce jour-là.

"Je peux vous dire que quand vous recevez tout ça, là vous en voulez un peu à votre métier, à la manière que certains journalistes ont de déformer les choses…",

confiait-il.

Dans cette interview, il a également confié avoir déjà songé au suicide.

“Comme d'autres, c'est arrivé bien sûr. D'arri­ver jusqu'à vouloir se suppri­mer mais ce sont des choses qui arrivent à d'autres. Mais au fond, ce qui compte, c'est quand même de pouvoir se dire que 'Hop, au dernier moment on a la tête hors de l'eau. En tout cas, la bouche hors de l'eau'.”

Alors ce jour-là n'échappait aux autres. Quand Patrick pensait à Solenn, il exprimait sa tristesse aux autres. Mais ce n'était pas la seule fille qu'il a perdue, il y avait aussi ses deux autres petites filles, deux bébés. Ce fut malheureusement un drame dans sa vie.

"Vous savez j’ai perdu mes enfants avant mes parents, et ça c’est inadmissible "

Et le journaliste s'excuse sur le plateau :

"Pardon de plomber l’ambiance, mais je vis joyeusement avec eux. Quand je parle de mes enfants, j’évoque toujours aussi cette enfant morte à la naissance. Elle devait s’appeler Garance et aurait pu être grande aujourd’hui."

C'est difficile pour un homme de faire face à cette situation, voire impossible. Quand Faustine lui demande si c'est sa boulimie de la vie qui l'a sauvé de ces trois deuils effroyables, le journaliste répondait :

"Oui, cela explique sans doute que je sois à ce point sautillant et gourmand. Je continue à dire 'Merci la vie' malgré tout. Jeune? j’ai eu une grave maladie, j’aurais pu passer de l’autre côté, cela m’a donné encore plus l’envie de jouir de tout."

Aucun jour ne passait sans que Patrick ne se souvenait de sa fille. 24 ans après la mort de sa bien aimée Solenn, il lui a rendu hommage, mais la douleur est toujours omniprésente pour lui.