Monique, 81 ans, vit avec 1200 € par mois avec un loyer de 900 € : "Je ne dors plus, je m'enfonce"

La trêve hivernale a été levée ce dimanche 31 mars. Par conséquent, plusieurs familles vont être mises à la rue cet automne.

À cause du froid, une trêve hivernale a débuté le 1er novembre dernier pour protéger certaines familles qui risquent d'être jetées à la rue en plein hiver.

La "trêve" requiert qu'aucun locataire ne peut être expulsé de son logement, sauf en cas de locaux faisant l'objet d'un arrêté de péril, et également s'il y a un relogement décent prévu pour le locataire et sa famille.

Après cinq mois sous la protection de cette mesure, des milliers de familles sont à nouveau menacées de se retrouver à la rue car la trêve hivernale vient d'être levée le dimanche 31 mars dernier.

Monique, âgée de 81 ans, fait partie de ces locataires qui vont prochainement être mis au ban. Des huissiers sont déjà venus dans l'appartement dont elle n'arrive plus à payer le loyer.

L'octogénaire a une dette locative de 50 000 euros, alors qu'elle vit avec une pension de retraite de 1 200 euros par mois pour un loyer mensuel de 900 euros.

"Je ne dors plus, je m'enfonce et je m'angoisse",

se plaint-elle.

De nombreux retraités se trouvent actuellement dans la même situation que Monique. Michel, 51 ans a été victime d'expulsion l'année dernière.

"Dans ces moments, on vous traite comme un chien. En quelques minutes, toute votre vie se retrouve sur un trottoir. J’ai de la chance, j’ai trouvé ça mais je ne sais pas combien de temps ça va durer",

raconte-il.

L'homme a été expulsé le 13 septembre de l'année dernière, et il dit que cette date restera à jamais gravée dans sa mémoire.

DES PLACES INSUFFISANTES

Les places d'hébergement ouvertes pendant l'hiver se ferment également à la fin du mois de mars.

Julien Denormandie, ministre du Logement, a expliqué la semaine dernière que 14.000 places ont été ouvertes du 1er novembre au 31 mars en France dans le cadre du plan d'hiver. Et cette année, 6 000 d'entre elles seront pérennisées tout le long de l'année.

"Aucune personne ne doit être remise à la rue au printemps sans solution d’hébergement ou de relogement",

a réagit le Collectif des associations unies.

Le nombre signifie, en effet, que 8 000 personnes risquent de se retrouver à la rue.

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