Après avoir perdu sa mère à 12 ans, vivant dans la rue depuis des années, Patrick fait maintenant appel à Macron

À la recherche d’un chez-soi : le témoignage de Patrick Brugioti, de familles d’accueil à SDF

«J’ai envie d’avoir mon chez-moi». C’est avec ses mots que le jeune homme de 22 ans lance un cri de désespoir et nous raconte sa vie. Patrick Brugioti a vécu une enfance douloureuse. À 12 ans, il ballottait d'une famille d'accueil à une autre, l'adolescent se sentait perdu.

Tourmenté, il décida donc de quitter sa dernière famille, après avoir subi des maltraitances venant de celle-ci. Il s'aventura par la suite dans la rue.

«Ma dernière famille d’accueil ne s’occupait pas de moi et me demandait tout le temps de faire des tâches ménagères. Un jour, j’ai pris mon sac et j’ai claqué la porte. Je ne voulais surtout pas être placé à nouveau, donc j’ai décidé de me débrouiller seul, même si je n’avais que 17 ans»,

raconte-t-il.

Une vie à la Koh-Lanta

Patrick galérait dehors dans le grand froid sans les aides sociales. Son premier refuge était l'hôpital Cochin.

«C’était en décembre, pendant le plan grand froid, donc on m’a laissé dormir dans le hall et on m’apportait à manger. J’allais aux bains douches pour me laver»,

se souvient-il.

Après avoir quitté ce lieu, le jeune homme n’avait plus d’endroit où aller. Le jour de son anniversaire, il s'est retrouvé sans toit.

«Je n’avais nulle part où aller. J’ai dormi dans la rue pendant trois ans. Et j’ai fêté mes 18 ans dehors»,

poursuit-il.

Il allait d’abri en abri. Il lui arrivait de tomber sur des personnes exceptionnelles. À un moment,il trouva refuge chez une dame généreuse qui l'a hébergé pendant trois jours. Mais la plupart du temps,il était dans des locaux professionnels désaffectés, une station de métro,...Il vagabonde.

«C’était Koh-Lanta cette vie-là. Mais certains passants habitués à me voir, m'apportait un chocolat chaud ou me donnaient un peu d’argent. Un jeune à la rue, ça les remuait. J’ai même été hébergé trois jours chez une dame.»,

évoque-t-il.

L'insupportable réalité d'un foyer d'accueil.

Finalement, Patrick s'est fait aidé par une assistante sociale et reçut une place dans un CHRS en 2017. Mais cela était loin d'être le foyer dont il rêvait d'avoir. Quand bien même, il aurait eu sa chambre à lui tout seul avec un vrai lit, le fait de subir la violence des autres SDF enlevait tout goût à ce petit luxe.

«Les foyers, ça détruit moralement (...) Et toutes les nuits, je suis réveillé par un de mes voisins qui hurle et je suis sans cesse dérangé par un autre qui fume tout le temps du shit. Ça m’angoisse, je dors mal et je ne mange pas assez»,

raconte-t-il.

À présent, logé en CHRS, sa quête de son propre foyer n'est pas encore assouvi.

«J’ai 22 ans et je veux vivre dans mon propre studio. Est-ce trop demander ? Je ne vois pas le bout du tunnel »,

s’emporte-t-il.

Une lueur d'espoir illumine Patrick depuis juillet. En effet, il s’est engagé dans un service civique trois jours par semaine et touche 470 euros par mois et est aussi devenu gardien de maison de retraite. Il est pour l’instant en CDD, mais il souhaite que cela bouscule en CDI pour avoir son propre chez-lui.

Un souhait que beaucoup d’autres sans-abri partagent.

Malheureusement, le sort semble s’acharner sur ces personnes. Et ce ne sont pas les sans-abri d’Atocha qui diront le contraire. Pour eux, les problèmes ne font que commencer.

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