Qui est Anthony, l’homme qui a tué sa femme Dalila dans le var ? Effrayé, son collègue témoigne

Mis en examen pour assassinat, violence sur personne dépositaire de l'autorité publique et détention d'arme, suite à son interpellation lundi soir, Anthony Guillon a été emprisonné dans la soirée à Draguignan. Témoignage sur sa personnalité.

Samedi soir, cet infirmier libéral exerçant à Cogolin a abattu de plusieurs coups de feu son épouse et ce, avec indifférence. D'après le résultat de l'autopsie effectuée ce mardi, la victime a été atteinte par au moins une demi-douzaine de balles. Et les connexions avec l'arme retrouvée en la possession du suspect vont de plus en plus en grandissant.

Selon la députée Sereine Mauborgne qui connaissait bien l'assassin de Vidauban, elle aurait eu des différends à plusieurs reprises avec Anthony Guillon. Elle avait saisi le Conseil de l'ordre et redoutait des représailles.

QUI EST ANTHONY GUILLON ?

Cet homme aux apparences discrètes et infirmier libéral de profession avait pourtant attiré l'attention de ses pairs avec ses méthodes douteuses et son tempérament violent. Une des personnes qui ont sonné d'alarme auprès du Conseil de l'ordre des médecins est la députée de la 4e circonscription Sereine Mauborgne, elle-même aussi, infirmière.

Dans son témoignage, elle a affirmé bien connaître le mis en examen car ils ont travaillé comme collègues pendant environ 7 ans. Heureusement pour elle, ils ont travaillé dans différents cabinets car, elle a avoué qu'elle n'aurait "jamais pu travailler avec lui". Le pourquoi ?

"Parce que c'était quelqu'un d'extrêmement "toxique", de très tyrannique avec son entourage. Il menaçait en permanence toute personne qui cherchait à entraver son chemin, pour de bonnes ou de mauvaises raisons d'ailleurs. Cela pouvait revêtir plein d'aspects différents, par exemple avec une famille qui souhaitait changer de cabinet d'infirmier : le patient a le libre choix de son praticien mais lui ne supportait pas. Il appelait, il menaçait... On a eu plusieurs affaires avérées de menaces ou d'intimidations sur des patients fragiles, dont une dame qui est allée jusque devant le Conseil de l'ordre",

a raconté la députée Sereine Mauborgne.

Comme résultat, il y avait une demande de suspension de trois mois de la part du président du Conseil, mais à Marseille, il a bénéficié d'un sursis total de la part du juge de la commission disciplinaire... Ce qui a signifié qu'il n'a pas pu être empêché de nuire alors qu'il y avait la possibilité que cela se fasse en 2018.

Carte des communes françaises Cogolin. | Wikimedia Commons

Carte des communes françaises Cogolin. | Wikimedia Commons

DÉJÀ VICTIME DE SON COMPORTEMENT

Sereine Mauborgne a aussi dévoilé qu'elle a eu beaucoup de d'altercations avec lui en raison de ses méthodes douteuses, telles que faire pression sur ses patients avec leurs cartes Vitale qui étaient en sa détention, pour les empêcher de partir. Un comportement "totalement interdit par les règles déontologiques de la profession".

"La dernière formulation de requête que j'ai faite auprès du Conseil de l'ordre pour une attitude non confraternelle, c'était à la suite du départ de son cabinet d'une patiente qui est venue dans mon ancien cabinet. À nouveau, il avait menacé mon associée et moi-même de représailles",

s'est souvenue l'infirmière. Et pénalement, si elle n'a pas porté plainte, elle avoue aussi que c'est parce qu'Anthony Guillon lui faisait peur. Car, il avait pu évoluer depuis des années dans une forme d'impunité en dépit du fait que plusieurs familles avaient saisi le Conseil de l'ordre. Et la députée d'ajouter :

"J'avais peur qu'il s'en prenne à moi, parce que quand il vous menaçait, ce n'était pas pour rigoler. Il vous traitait de tous les noms et proférait des menaces contre votre intégrité physique... Je redoutais qu'en portant plainte à la gendarmerie, je déclenche chez lui des réactions encore plus violentes. Et que des mots jusqu'ici proférés par téléphone soient suivis de faits."

Et, elle avait bien raison à ce qu'il paraît car, une précédente compagne à lui avait déjà été hospitalisée à cause de lui et elle n'avait pas porté plainte à la suite. Une bonne raison donc pour elle de se tenir aussi éloignée de lui que possible.

"Les rares fois où nous avons été en contact physique, c'était pour protéger des patients",

conclut Sereine Mauborgne.

"INCONNU" DANS SA CONTRÉE

Centre pénitentiaire de Draguignan. Photo prise le 24 août 2018. | Wikimedia Commons

Centre pénitentiaire de Draguignan. Photo prise le 24 août 2018. | Wikimedia Commons

Anthony Guillon était un homme très discret dans le centre-ville de Cogolin. Il était si peu connu dans la commune que le seul voisin croisé dans les environs de sa maison et habitant un peu plus haut de chez lui dit "ne pas le connaître". De même pour la responsable de l'Unic Bar et le patron du Petit prince, deux bistrots qui se trouvent pourtant à 5 mn à pied de son domicile.

Anthony Guillon a été arrêté lundi soir. Il a été présenté au Parquet hier en fin de mercredi après-midi puis mis en examen pour assassinat, violence sur personne dépositaire de l'autorité publique et détention d'arme avant d'être incarcéré dans la soirée à la prison de Draguignan.

Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle de Jonathann Daval. Ce dernier avait été entendu à nouveau le 30 janvier devant le nouveau magistrat chargé du dossier du meurtre d’Alexia Daval, son épouse. Durant cette audience, il a fait des "aveux circonstanciés" sur la mort de la victime, refusant toujours cependant de reconnaître avoir brûlé le corps d'Alexia.

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