Jacqueline Jencquel, 74 ans, a planifié sa mort: "Je ne veux pas devenir dépendante"

Jacqueline Jencquel, Française résidente en Suisse, a fait le choix de mourir en 2020.

A 74 ans, Jacqueline Jencquel a choisi de mourir en 2020. Et son choix n'a pas été poussé par une quelconque maladie, puisqu'elle n'est pas malade. Elle ne veut simplement pas "sombrer dans la dépendance".

En 2020, cette française résidente en Suisse a donc choisi de mourir, même si elle n'a pas encore fixée de date précise. Cependant, elle sait également comment les choses vont se dérouler.

"Je serai avec un médecin qui contrôlera la perfusion, moi, moi je tournerai le robinet de cette perfusion après avoir dit devant une caméra que je souhaite mourir"

Jacqueline se bat pour l'IVV, l'Interruption Volontaire de Vieillesse. Comme elle le clame, Jacqueline ne veut pas finir grabataire.

"Je n'ai pas envie de me justifier par des raisons médicales. Je milite pour les droits des vieux, j'emploie ce terme exprès parce que ces euphémismes qu'on emploie en disant les personnes âgées, les seniors, ça ne dit pas la vérité, on est vieux on est vieux. Les vieux sont infantilisés, on les met dans des mouroirs quand ils ne sont plus capables de s'occuper d'eux-mêmes, je trouve qu'il faudrait un ministère pour le droit des vieux. Je me bats pour le droit de choisir. Mon propos n'est pas du tout d'inciter au suicide"

"J’ai accepté cette médiatisation pour faire bouger la loi en France. Pour qu’on laisse choisir les vieux. Je ne recherche aucune notoriété"

Militante pour le droit de mourir dans la dignité, Jacqueline s'est exprimée sur le plateau de RMC, où elle déclarait avoir fait son choix en connaissance de cause, et qu'elle souhaitait le faire tant qu'elle avait toute sa tête.

"Je me suis occupé de personnes en fin de vie, j'en ai vu beaucoup et je vois à partir de quand les symptômes commencent et à partir de quand, ils ne sont plus capables de prendre de décision. Ils commencent aussi à avoir la trouille".

Si en France, le suicide assisté est toujours illégal, ce n'est pas le cas en Suisse. Selon un sondage réalisé en janvier 2018, 18% des Français seraient favorables à la légalisation du suicide assisté, 47% favorables à la légalisation de l’euthanasie.

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