Levothyrox: pourquoi est-il tellement dangereux que l'enquête a été élargie à homicide involontaire?

Alors que le parquet de Marseille avait initialement ouvert l'enquête sur le Levothyrox pour "blessures involontaires", il vient de l'élargir pour "homicide involontaire".

Le 2 mars 2018, le tribunal de grande instance de Marseille avait ouvert une enquête sous X dans l'affaire du Levothyrox pour tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui.

Au cours de cette affaire, l'enquête est menée autour des milliers de plaintes faites par des milliers de personnes atteints de maladies de la thyroïde et qui ont subi des effets secondaires à cause de la nouvelle formule du Levothyrox.

A présent, l'enquête a été élargie pour "Homicide involontaire". Le laboratoire Merck a réagi à cela dans un communiqué de presse.

"Cette étape judiciaire constitue une étape normale de la procédure, dès lors que des plaintes invoquent ce motif. Les conclusions des rapports de pharmacovigilance publiés en 2018 indiquent clairement qu'il n'y a pas de lien établi entre les cas signalés de décès dans la base de données de pharmacovigilance et la nouvelle formule du Levothyrox."

Maître Mario-Pierre Stasi a lui aussi réagi de son côté en déclarant : "Aucune conclusion ne peut être tirée de ce réquisitoire supplétif: je suis confiant dans la démonstration qui pourra être faite à terme d'absence d'infraction commise par Merck".

Maître Christophe Lèguevaques, l'avocat de certaines victimes, avait demandé à ce que l'enquête pour homicide involontaire soit ouverte après que deux jeunes femmes sous traitement Levothyrox soient décédées de façon suspecte.

"Nous sommes bien face à une crise sanitaire majeure et toute la lumière doit être faite sur les comportements des uns et des autres ou la complaisance de certains à l'ANSM qui ont laissé commercialiser un produit dont la dangerosité était scientifiquement connue".

En France, ce sont trois millions de personnes qui prennent du Levothyrox pour traiter l'hypothyroïdie ou après avoir été opérées du cancer de la thyroïde.

En 2017, au moment de la sortie publique de la nouvelle formule du médicament, une pétition avait été ouverte pour réclamer le retour de l'ancienne formule. Celle ci avait recueilli pas moins de 170 000 signatures.

La comédienne Anny Duperey, atteinte elle aussi d'hyperthyroïdie et suivant elle aussi le traitement Levothyrox, avait porté plainte et écrit une lettre ouverte à la ministre de la santé : Agnès Buzyn.

En raison du scandale que cette histoire provoquait, cette dernière avait annoncé le retour de l'ancienne formule du médicament. Cependant, le laboratoire Merck avait déclaré qu'après 2018, l'ancienne formule ne serait plus disponible en France.

Parmi les effets secondaires relatés, on note des crampes, des maux de tête, des vertiges ou encore la perte de cheveux.

Le procès a eu lieu en décembre dernier à Lyon. Le verdict est attendu pour le 5 mars 2019.

DES MEDICAMENTS A EVITER

Dans un récent article, nous avons partagé avec vous la liste noire 2019 des médicaments jugés dangereux et donc à éviter, publiée par le site Prescrire. Parmi eux, des médicaments comme le toplexil. Cliquez ICI pour en savoir plus.

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