Jean Ferrat : Révélations de sa veuve Colette, pourquoi ils n'ont jamais eu d'enfants

La veuve de Jean Ferrat s'est entretenue avec le magazine Paris Match lors d'une longue interview où elle parle de sa rencontre et de sa vie avec l'auteur de "La Montagne".

Jean Ferrat nous a quittés le 13 mars 2010. Si la France a perdu un grand artiste, Colette Ferrat a quant à elle perdu l'amour de sa vie. Si beaucoup ont déclaré qu'il était mort d'un cancer, sa veuve dément.

"Jamais. Il a cumulé un ensemble de problèmes respiratoires qui se sont aggravés avec les années. Tout a commencé par une chute durant laquelle il s’est fracturé une partie du dos, puis il y a eu des complications diverses, un problème de trachée très complexe, une maladie nosocomiale, des hospitalisations répétées. Je me souviens de nuits passées à ses côtés quand il s’étouffait, de longues semaines de rééducation respiratoires entrecoupées de moments d’amélioration."

Quand on lui parle de Jean, le visage de Colette s'illumine à chaque fois. En osmose totale sur tous les sujets, le couple a vécu une véritable passion. Elle le dit elle-même, rencontrer Jean Ferrat a été pour Colette une véritable renaissance.

"Tous les matins, il partait avec son grand panier faire les courses. Sur la place du village, il retrouvait les copains de pétanque. Au final, après plusieurs parties, il oubliait de rapporter ce qu’il était allé chercher."

Jean Ferrat aimait avoir une vie simple. Il adorait cuisiner, écouter la radio avec sa femme, s'occuper de leur jardin, jouer au foot, ou encore aller à la pêche. Ce besoin d'authenticité venait d'un passé douloureux qu'il souhaitait oublier.

" Le silence sur la disparition de son père, l’omerta familiale autour de cette tragédie, l’avait cruellement perturbé."

Le père de Jean Ferrat, Mnacha, était un Juif russe qui a fui le Caucase en 1906 pour s'installer dans le Marais à Paris, où il a adopté la nationalité française.

C'est là qu'il rencontrera Antoinette, avec qui il fondra sa famille. Cependant, pendant la seconde guerre mondiale, cette vie familiale va se retrouver bouleversée.

"Mnacha sera emmené à Drancy et disparaîtra à Auschwitz parce qu’il avait, disait Jean, choisi de porter l’étoile jaune pour être en règle avec les lois françaises. Mais, à l’époque, Jean n’en a rien su. Il avait 11 ans quand il a découvert qu’être juif était dangereux. C’était en 1942. Il a dû s’enfuir en zone libre, avec son frère aîné, pour préserver sa vie. Il m’a parlé très tard de ce drame personnel."

Des événements qui marqueront à jamais Jean Ferrat, et qui pourraient expliquer pourquoi il a toujours refusé d'avoir des enfants.

"Jean ne voulait pas avoir d’enfants. Il a élevé la fille de Christine Sèvres mais ne l’a pas adoptée. Quand ma sœur aînée est morte, Valérie, sa fille avait 6 ans. Quand elle venait chez nous, Jean lui témoignait beaucoup d’affection, mais, en ce qui le concernait, il refusait toute descendance."

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