Anthony, victime d'homophobie familiale s'est confié sur son calvaire

À l’occasion de la journée mondiale contre l'homophobie, France Inter a réalisé un reportage auprès d’un jeune homosexuel expulsé de chez lui.

Depuis le début du débat sur le mariage homosexuel, à l'automne 2012, des associations françaises de lutte contre l’homophobie, comme Le Refuge ou SOS-Homophobie, ont tiré la sonnette d’alarme. La "haine de l’homo" a ressurgi "violemment" dans le paysage français.

Elle a même fait "un bond en avant", expliquait en 2013, Clio Léonard, responsable du Refuge, à Paris, une association qui accueille et héberge les jeunes homosexuels de 18 à 25 ans principalement victimes d’homophobie familiale.

A l’instar d’Anthony, un Perpignanais de 21 ans, rejeté par ses parents et autres membres de la famille.

En effet, après l'annonce de son homosexualité à sa famille, le jeune homme était d'abord contraint de dormir dans le garage de la maison :

"Je rentre du boulot et je vois mon lit dans le garage, je monte, et mon propre père tombe sur le c**quand je lui annonce que mon lit est dans le garage.

raconte Anthony aux journalistes de France Inter. 

"Cinq minutes plus tard c'est mon frère de 18 ans qui me regarde avec un grand sourire et me dit 'je n'ai pas envie de dormir avec une tap****, je n'ai pas envie que tu me fasses des attouchements'".

Anthony a donc vécu plusieurs mois dans cette pièce avec une porte cassée et une vitre manquante au détriment de sa santé, tout en continuant d'entendre "des insultes, des moqueries" des membres de sa famille.

"Les insultes, c'était tous les jours. 'Sale pé**, sale pu**'."

Mais à un moment donné, quand il ne pouvait plus subir cette humilitaion, le jeune homme a décidé de partir. C'est le 21 juin 2018 qu'il a quitté la maison familiale pour vivre dans un appartement du Refuge.

"Le jour où je suis parti, j'ai regardé mon père, je lui ai dit 'Au revoir, adieu, à jamais, j'ai plus envie de te voir'. Et ma propre mère, j'essaie de lui dire, 'Au revoir maman, tu vas me manquer maman', et elle me sort 'J'en ai rien à foutre de ta gueule, tu peux mourir'." 

confie-t-il dans son témoignage poignant avant de conclure :

"Quand vous refermez la porte et que vous entendez vos parents dire 'Tu n'es plus notre fils, on te renie', vous avez tout compris : eux vont faire une croix sur moi. Et moi, nous, comme tous les jeunes dans mon cas, il faut apprendre à tirer un trait sur ça". 

L'histoire d'Anthony n'est malheureusement pas un cas isolé.

AUTRES VICTIMES D'HOMOPHOBIE

En mai 2017, Le Parisien partageait le témoignage d'Alexis, 21 ans, hospitalisé pour une blessure au couteau après une des nombreuses disputes avec sa mère, qui n’accepte pas son homosexualité

"Du jour au lendemain, elle a arrêté de me parler. Je savais que c'était ça. (...) Puis, la tension s'est installée à la maison avec des engueulades qu'elle lançait pour des prétextes futiles. Les insultes homophobes n'ont pas tardé. Elle me traitait de sale PD, tapette. Je voyais que je la dégoûtais."

confiait ce jeune homme dans son récit bouleversant.

En mars 2013, France 24 dressait également le portrait d’Antoine, un homosexuel mineur, chassé du domicile familial.

"Tu as cinq minutes pour rassembler tes affaires et partir !"

lui ordonna son père après avoir entendu la conversation au téléphone avec son copain.

BILAL HASSANI LA CIBLE D'ATTAQUES

Bilal Hassani, le jeune chanteur qui représentera la France à l'Eurovision 2019 est également la cible d'insultes haineuses, et encore plus depuis qu'il a participé au concours de sélection nationale.

En janvier 2019, l'association Urgence Homophobie a déclaré qu'en quelques jours, Bilal avait reçu pas moins de 1500 messages d'insultes en rapport avec son orientation sexuelle. L'association a donc choisi de porter plainte.