"Qu'est-ce qui a tué ma fille?" La mère de Naomi Musanga demande des réponses

Affaire Naomi :"Qu’est ce qui a tué ma fille ?"

Le Parisien a fait le déplacement ce jeudi afin d'assister à la conférence de presse donnée par les proches de Naomi. 

Ce jeudi, le père, la mère et une des grandes-soeurs de Naomi ont donné une conférence de presse et ont répondu aux nombreuses questions des journalistes qui avaient fait le déplacement jusqu'à Strasbourg.

Une famille endeuillée qui s'adonne à un exercice qui "est difficile pour des personnes qui n'ont pas l'habitude" comme l'a déclaré Me Mohamed Aachour qui les défend. Mais la famille Musenga a impressionné de part sa dignité.

Mukolé Polycarpe Musenga est le père de Naomi et il a commencé par remercier "la presse et les réseaux sociaux" car sans eux le "départ inopiné" de leur enfant "ne serait pas connu". Il faut dire que cela fait quatre mois que cette famille dévastée attend des réponses.

Mais la France a découvert cette tragédie il y a seulement quelques jours de cela. 

Honorine Bablyne Musenga est la mère de Naomi et elle était, comme on peut le comprendre, extrêmement émue quand elle s'est adressée aux journalistes. Elle a cependant retenu ses larmes et a déclaré qu'elle ne comprenait pas pourquoi le Samu avait refusé de prendre sa fille en charge le 29 décembre dernier: "Nous ne sommes pas médecins, mais qu’est-ce qui a tué ma fille ? Il n’y a pas de réponse à ça".

Honorine est aide-soignante et elle estime qu'"on aurait dû s’arrêter au moins un mois sur son cas, pour se demander pourquoi une jeune fille de 22 ans est morte". "Au moins pour sauver d'autres vies!" a-t-elle continué.

Le père de Naomi a avoué qu'il lui avait fallu trois jours pour trouver le courage d'écouter l'enregistrement de l'appel que sa fille avait passé au Samu dans lequel on peut entendre la jeune femme appeler à l'aide et ne pas être prise au sérieux par son interlocutrice.

Mais les parents de la jeune maman de 22 ans qui a tragiquement perdu la vie ne veulent cependant pas voir cette opératrice du Samu - qui a d'ailleurs été suspendue - servir de bouc émissaire. 

"La responsabilité, c’est un ensemble […] C’est l’hôpital" a déclaré Honorine avant que son mari n'ajoute: "On n’est pas en train de stigmatiser toutes les personnes […] Il y a eu une accumulation de dysfonctionnements."

Cette famille en deuil veut simplement connaître la vérité et demande que "justice soit faite".