Syrie : les cinq enfants de djihadistes rapatriés en France, qui sont-ils ?

Le Quai d'Orsay a finalement autorisé le retour d'enfants de djihadistes. Ce vendredi 15 mars 2019, cinq enfants de djihadistes ont été rapatriés.

Un soulagement pour leurs familles. Ces cinq enfants sont arrivés de Syrie dans la plus grande discrétion.

Ils étaient jusqu'à ce jour dans des camps de réfugiés du Nord-est syrien. Ces orphelins vont passer plusieurs semaines à l'hôpital avant d'être placés chez leurs grands-parents ou dans une famille d'accueil. Ils seront aussi suivis par un médecin et un psychologue.

Après des semaines de tergiversations, la France a rapatrié cinq enfants de djihadistes présumés, sur son sol. Ces enfants étaient "orphelins et isolés".

Parmi eux, une fratrie dont la mère avait été tuée, six mois auparavant et une petite fille de cinq ans.

DÉROULEMENT DU RAPATRIEMENT

Ce rapatriement s'est déroulé en toute discrétion ce jeudi 14 mars, au matin, dans le camp d'Al-Hol. Des combattants kurdes sont venus chercher les enfants. Ce fut un départ précipité car les femmes qui s'occupaient d'eux n'ont pas été prévenues.

La sœur d'une maman de substitution a témoigné la manière de l'évacuation.

"Ce sont des gardes, des militaires, qui sont venus retirer la fille. Ma sœur, elle n'est pas au courant qu'aujourd'hui elle est rentrée, elle est en France. D'ailleurs, elle me disait que ce n'était pas une façon de faire : ils ne parlaient pas sa langue, et ils l'ont prise comme ça, sans aucune préparation, sans rien".

Les enfants ont été remis par la suite à des militaires français et ils ont pris le vol A400M, qui a atterri à Vélizy Villacoublay , ce vendredi en milieu de journée.

Ces enfants ont été particulièrement choisis en vue de leur situation vulnérable. Ce rapatriement était un soulagement pour les familles françaises.

RÉACTION DES FAMILLES

En février dernier, les grands-parents de la fratrie, Patrice et Lydie Maninchedda, avaient imploré le président Emmanuel Macron d'avoir "l'humanité" de les rapatrier d'urgence.

"Nous sommes heureux de savoir que nos petits-enfants sont désormais entre les mains de professionnels de la petite enfance",

ont déclaré les grands-parents qui vivent dans le Nord, se disant "impatients" de pouvoir "les serrer dans (leurs) bras".

Quant à l'orpheline,

"cette fillette était jusque-là prise en charge par une femme au camp d'Al-Hol, qui a recueilli cette orpheline comme sa fille, elle lui a sauvé la vie",

a indiqué Marie Dosé, soulignant que :

"sa mère est morte dans les bombardements il y a plusieurs mois".

Marie Dosé, avocate de la famille de la petite fille, s'est dite :

"partagée entre l'immense soulagement de voir cette petite fille revenir ici et la terrible angoisse de savoir tous ces enfants encore sur place".

PRISE EN CHARGE DES ORPHELINS

À leur arrivée, ils n'ont pas été directement remis à leurs familles. Tous,

"font l'objet d'un suivi médical et psychologique particulier et ont été remis aux autorités judiciaires",

a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Quatre sont "à peu près en forme" mais le cinquième, "blessé", est dans un mauvais état de santé, indique une source diplomatique.

Selon les estimations, au moins 80 enfants français se trouvaient aux mains des forces arabo-kurdes en février 2019.

UNE DEMANDE FRUCTUEUSE

Ce rapatriement n'était pas le fruit du hasard. En effet, c'est le résultat d'une requête sans cesse des familles des victimes et d'une forte collaboration avec la Syrie.

D'ailleurs, par le biais du ministère des affaires étrangères, la France adresse un vif remerciement au pays syrien.

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