Gilets jaunes : la "revue des troupes" du nouveau préfet de police n'empêche pas les manifestants, 51 personnes interpellées

Suite à la violence des manifestants lors de l’acte XVIII du samedi 16 mars, le gouvernement a finalement pris des décisions considérables pour, cette fois, protéger le peuple français des Gilets jaunes.

Tôt ce matin, Didier Lallement, le nouveau préfet de police, est descendu sur les Champs-Elysées afin de faire part des nouvelles consignes aux troupes, avant que le mouvement ne commence à s’échauffer.

Pour maintenir l’ordre dans les rues de Paris, les instructions ont été strictes :

“Fermeté, professionnalisme mais surtout ré-ac-ti-vi-té !”

Dès 7h et demi, les troupes ont été “passées en revue” par Didier Lallement, quatre jours après sa prise de fonction, en plein cœur de la zone parisienne où le gouvernement a interdit toute manifestation.

LES DISPOSITIONS POLICIÈRES

Le périmètre sécurisé s’étire de l'Élysée à l’Arc de triomphe. Les forces de l’ordre ont, aujourd’hui, déployé un dispositif de sécurité de grande envergure.

Des véhicules blindés, des policiers prêts à riposter à tout moment, des véhicules avec canon à eau sont disposés tout le long des Champs Élysées et des environs, encerclant la zone interdite.

D’autres dispositions ont également été prises : des drones ratissent le ciel en surveillant la capitale, des contrôles sont à l’ordre et il peut aller jusqu’à avertir les personnes se regroupant dans le périmètre sécurisé.

"Les forces de sécurité intérieures ne doivent plus subir, comme cela a pu être le cas précédemment",

a fortement annoncé Didier Lallement.

Il est à rappeler que ce vendredi 22 mars, le gouverneur militaire de Paris, général Bruno Leray, a affirmé que les soldats de l’opération Sentinelle pourront "aller jusqu’à l’ouverture du feu", s'ils perçoivent une menace de mort.

“les unités vont avoir une grande capacité d’initiative tactique pour intervenir immédiatement"

Précisons que l’opération Sentinelle consiste à mobiliser 10 000 hommes, dont 3 000 en réserve, sur la totalité du territoire. Il s’agit d’une opération mise en place après l’attentat de 2015 en France.

UNITÉS ANTICASSEURS

Si auparavant, le DAR (détachement d’action rapide) était chargé d’agir face à la violence des manifestants, aujourd’hui, les unités anticasseurs BRAV (brigades de répression de l’action violente) prennent la relève.

Didier Lallement a affirmé :

"Elles auront une capacité de projection supérieure"

LES MANIFESTATIONS S'ÉCHAUFFENT

Malgré toutes les interdictions, les Gilets jaunes sont en mouvement à travers les rues, notamment, à Nice, Rouen et Lille.

À Belloubet, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a adressé aux forces de l’ordre :

"Quand des casseurs vous agressent, vous attaquent, la France est avec vous"

À Nice, selon des informations policières, une septuagénaire en pleine manifestation est tombé à terre lors d’une réplique des forces de l’ordre mais il semblerait qu’elle s’en soit sortie.

À 13h30, le bilan provisoire est sortie : 51 personnes interpellées, 4.688 contrôles préventifs réalisés et 29 verbalisations dressées sur le périmètre interdit, selon la préfecture de police.

L’ORIGINE DE TOUTES CES DISPOSITIONS

Si le mouvement Gilets jaunes a commencé il y a plus de six mois, il a toujours été en faveur du “peuple français” en ne réclamant que leurs droits et des réponses au président.

Cependant, la 18e manifestation a pris une autre tournure lorsque les Gilets jaunes ont vandalisé les rues, incendié des bâtiments et volé des magasins.

Des actions qui ont mis en péril la vie de plusieurs innocents et ont fait des blessés.

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