Claude, 75 ans, est mécontente des paroles de Macron sur la fragilité des aînés : "J'ai envie de descendre dans la rue"

Emmanuel Macron a créé une vague d'indignation lundi (25 mars) après avoir critiqué une manifestante des gilets jaunes gravement blessée lors d'une manifestation à Nice le week-end dernier.

Macron a été accusé à plusieurs reprises de manquer d'empathie et de faire preuve d'une attitude arrogante et dédaigneuse à l'égard des citoyens ordinaires qui se plaignent d'avoir des difficultés à joindre les deux bouts.

L'année dernière, il avait déclaré à un jardinier au chômage, qui se plaignait de ne pas trouver de travail après avoir envoyé des centaines de candidatures, qu'il lui suffisait de "traverser la route" pour trouver un emploi.

Il a également déclaré aux citoyens âgés qui protestaient contre les coupes dans les retraites que les Français devraient moins se plaindre, et a décrit les personnes qui sont descendues dans la rue à propos de sa réforme du code du travail comme des "fainéants".

La cible de ses derniers commentaires était Genevieve Legay, une activiste et grand-mère anti-capitalisme âgée de 73 ans, qui s’est fracturé le crâne samedi après que la police anti-émeute a porté des accusations contre des manifestants anti-gouvernementaux à Nice, dans la Riviera.

Sur internet, le président de la république lui a souhaité "un prompt rétablissement" mais aussi "un peu de bon sens", insinuant qu'elle n'avait pas à se trouver dans cette manifestation en premier lieu. Ces paroles ont fait réagir des millions de personnes et ont continué de faire descendre la popularité de Macron.

Claude Manor a par exemple écrit un article sur le site "Révolution permanente" pour réagir aux propos du président.

"Femme de conviction depuis 1968, je n’accepte pas les leçons de sagesse de Macron. Non seulement il me rogne ma retraite, diminue mes revenus, me fait hésiter à me soigner, mais en plus il se permet de me déconseiller de manifester. Décidément ce jeune blanc-bec ne doute de rien. Macron, je manifeste si je veux !"

cette retraitée dit qu'elle manifeste depuis le fameux mai 68, et qu'elle voyait déjà des personnes âgées dans les rues, qui pensaient que leur âge leur conférait une mission de protection envers les plus jeunes manifestants.

https://www.facebook.com/groups/208556829704966/permalink/412649439295703/

"La conviction et la révolte n’ont pas d’âge. Le sentiment de responsabilité vis-à-vis de l’avenir croît au contraire au-fur-et-à-mesure que l’on vieillit. On devient d’autant plus téméraire que ce n’est plus pour soi que l’on se bat mais pour le sort de cette génération qui sera la première à vivre moins bien que ses parents. Beaucoup de Gilets jaunes, plus très jeunes, sont même des primo manifestants. J’aurais honte, pour ma part, de considérer que « à mon âge » je me dois d’enfiler mes pantoufles et endosser ma robe de chambre pendant que les autres se gèlent sur les ronds-points, affrontent les violences policières, se battent pour défendre de légitimes revendications et manifestent inlassablement."

Elle ajoute qu'elle aurait été vigilante, sans attendre les conseils du président, qui au contraire, transmet un message de mépris et de condescendance.

"Dois-je lui rappeler que si risque il y a, ce n’est pas de mon fait, mais de sa responsabilité, de celle de Castaner, de celle de ses préfets, de ses policiers, de son armée, mobilisés pour semer dans les rangs des manifestants cette répression qui risque toujours de tourner en affrontement ou en panique."

Elle continue en disant que Geneviève Legay, la femme qui a été victime de violences samedi dernier à Nice, n'avait pas à rester chez elle à cause de son âge.

Elle nie que ce qui s'est passé n'est qu'un déplorable accident, mais plutôt une conséquence de cette répression extrême que vit le pays. La politique de tolérance 0 mise en place le week-end dernier disait même que les forces de l'ordre avaient droit de tirer à balles réelles, quitte à rendre plusieurs personnes handicapées à vie.

Afin de souligner ses propos, Claude parle du cas de la femme âgée qui est morte à cause d'un flashball alors qu'elle se trouvait simplement à sa fenêtre pour fermer ses volets.

"Peut-il considérer qu’à 75 ans on peut mettre la liberté et la justice, au-dessus de la quiétude ? De quelle quiétude d’ailleurs parle-t-il, lui président des riches, qui vit très loin des misères de la retraite et de la perspective d’une vieillesse désastreuse dans des EHPAD et centres de soins aussi peu attractifs que financièrement accessibles."

Claude termine son message en disant qu'elle a pris le message d'Emmanuel Macron comme une insulte, et qu'elle continuera de manifester tant qu'elle estimera que c'est son devoir.