Décès de Michel Aumont : La vie incroyable d'un grand acteur français

Retour sur les 55 ans de carrière du regretté Michel Aumont, un grand homme de scène et de l’écran, ayant débuté sa carrière dans les années 60.

Le mercredi 28 août 2019, le monde du cinéma français a perdu un talent qui a mené une longue carrière loin des feux de la rampe. Michel Aumont, a tiré sa révérence à l’âge de 82 ans.

Il était un homme de scène et de l’écran ayant commencé sa carrière dans le théâtre au début des années 60. Jusqu’en 2015, il avait encore fait quelques apparitions sur le grand écran, tout comme sur le petit écran.

“Beaucoup de tristesse pour la disparition de Michel Aumont, un homme délicieux et un grand acteur, probablement le plus exceptionnel des “Avare” jamais vu à la Comédie-Française. Au revoir l’Artiste…”,

a écrit l’acteur et scénariste Christian Clavier après l’annonce de son décès.

UN GÉANT DU THÉÂTRE

Dans la peau d’un personnage, Michel Aumont avait un don remarquable pour les émotions contradictoires. En jouant, il avait cette façon si particulière de donner une touche profondément humaine au personnage.

Pendant les deux décennies de sa carrière, à partir de 1960, il avait campé l’Avare de Molière, dans la Comédie Française.

Né le 15 octobre 1936 à Paris, Michel Aumont était le fils d’un régisseur administratif et de la comédienne Hélène Gerber. Passionné par la carrière de sa mère, il intègre le Conservatoire national d’art dramatique, à l’âge de 18 ans.

Michel Aumont assiste au déjeuner Molière 2016 - Nominee Luncheon. Tenue au Ministère de la Culture le 14 avril 2016 à Paris. | Photo : Getty Images

Michel Aumont assiste au déjeuner Molière 2016 - Nominee Luncheon. Tenue au Ministère de la Culture le 14 avril 2016 à Paris. | Photo : Getty Images

Il remporte le premier de comédie moderne dans “Le Tragique malgré lui” de Tchekhov, et également le premier accessit de comédie classique dans “La Jalousie de barbouillé” de Molière.

“Michel Aumont appartient à la confrérie des comédiens de l’inconfort, prêts et aptes à interpréter les emplois les plus exigeants de l’entre-deux, tout à la fois déchirant ou goguenard, naturel ou composé, inquiétant ou amusant”,

est écrit sur le site de la  maison de Molière.

En 1956, Michel Aumont a fini le Conservatoire, et devient pensionnaire à la Comédie-Française. Durant sa carrière dans le théâtre, il fut récompensé de quatre Molières.

En 2015, il est encore apparu au Théâtre de la Madeleine, dans “Le Roi Lear” de Shakespeare.

“Un acteur populaire qui avait su conquérir le cœur des Français, passant du théâtre au cinéma avec cette générosité discrète qui emplissait chacun de ses rôles […], il avait l’aisance des grands”,

a reconnu Franck Riestier, le ministre de la Culture.

UNE CASCADE DE SECONDS RÔLES

En 1966, Michel Aumont a campé le premier personnage du film “Le Légataire universel”, réalisé par Jean Pignol. Il était un homme de premier plan dans le théâtre, mais dans le cinéma il était pour les seconds rôles.

“Le maintien, l’intonation, le phrasé, la justesse, l’ironie discrète jamais bien loin et cette sorte d’épaisseur humaine qui sert les grands rôles. Un de ses titres lui va bien : L’œil du maître”,

a déclaré Gilles Jacob, l’ex-président du Festival de Cannes après le départ du comédien.

En 1972, le cinéma fait appel à Michel dans un rôle dans “La Femme en bleu”, de Michel Deville. Et depuis cette première apparition sur le grand écran, le comédien a séduit les metteurs en scène les plus renommés.

Il avait également joué dans quelques rôles de commissaires, comme Claude Chabrol dans “Nada”, ou bien Claude Zidi dans “La Course à l’échalote”. Il était également apparu dans les génériques du “Jouet”, “Mort d’un pourri”, ou encore “Coup de tête”.

“ Je ne suis pas devenu une star, hein ! Mais à mon petit niveau, j’ai plutôt réussi”,

avait-il confié à l’Express”.

Sa personnalité comique dont le principal trait de caractère est “la naïveté” sur les plateaux a été un atout pour le film “Ripoux contre ripoux”, où il campait un commissaire. Avec le réalisateur Francis Veber, il avait d’ailleurs eu une longue collaboration :

“Les Compères” en 1983, “Le Placard” en 2001, “Tais-toi ! ”, en 2003, “La Doublure” en 2006 et puis “L’Emmerdeur” en 2008. Entre temps, un de son rôle qui a le plus marqué les esprits est celui du drôle de chef de protocole dans “Palais Royal ! ” de Valérie Lemercier en 2005. 

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