
Rhône : 34 enfants identifiés dans une enquête pour violences sexuelles à Lucenay
À Lucenay, dans le Beaujolais, une affaire criminelle d’une ampleur exceptionnelle bouleverse la population. Un homme de 40 ans, père de famille sans antécédents connus, a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs. L’enquête, déclenchée fin 2024 après les témoignages de plusieurs enfants, a permis d’identifier 34 victimes âgées de 2 à 9 ans au moment des faits. Les investigations ont mis au jour un ensemble de preuves numériques confirmant la répétition des violences sur plusieurs années.
Dans la commune de Lucenay, au cœur du Beaujolais, l’émotion reste vive et les mots difficiles à trouver. Ce village habituellement calme est aujourd’hui confronté à une affaire criminelle d’une ampleur rare. Un homme de 40 ans, père de famille et habitant de la commune, est mis en examen dans un dossier impliquant des faits graves commis sur plusieurs années au détriment de mineurs, a révélé le journal Le Monde dans une enquête publié, mercredi 29 avril 2026.

Un petit garçon en pleurs, assis sur un banc dans la cour de récréation, se couvrant le visage I Photo d'illustration I Source : Getty Images
Derrière une apparente vie ordinaire, les enquêteurs ont progressivement mis au jour un ensemble d’éléments laissant apparaître un système de violences sexuelles visant des enfants. L’affaire débute en décembre 2024, lorsqu’une première alerte est transmise à la gendarmerie d’Anse. Trois familles signalent séparément des propos inquiétants tenus par leurs enfants, évoquant des situations inappropriées survenues dans un cadre privé.
Avec des mots parfois hésitants, des gestes déplacés, les victimes retracent des situations incompréhensibles vécues lors de soirées pyjama organisées chez un autre parent d’élève. L’alerte est immédiate. Les faits, déjà graves, laissent présager une réalité plus vaste.
Ces témoignages, recueillis avec prudence en raison de l’âge des enfants, conduisent immédiatement à l’ouverture d’une enquête. Très vite, les premiers éléments laissent entrevoir un périmètre plus large que celui initialement envisagé. Les enquêteurs décident alors d’engager des investigations approfondies.

Une jeune fille assise seule dans le noir I Photo d'illustration I Source : Getty Images
L’homme mis en cause est interpellé dans les jours suivants. Placé en garde à vue, il est ensuite hospitalisé sous contrainte. Une information judiciaire est ouverte en janvier 2025 pour des faits de viols, agressions sexuelles sur mineurs et corruption de mineurs.
Mais c’est l’exploitation du matériel informatique saisi lors de la perquisition à son domicile qui marque un tournant décisif dans l’enquête. Toujours selon Le Monde, les enquêteurs découvrent un volume important de fichiers numériques, comprenant 127 vidéos et 197 photographies mettant en scène des enfants. L’analyse de ces éléments confirme la répétition des faits et leur caractère organisé.
À partir de ces éléments, un important travail d’identification est engagé. Les enquêteurs croisent les données issues des fichiers avec les auditions et les informations recueillies auprès des familles. Progressivement, une liste de victimes potentielles est établie.
Au total, 34 enfants sont identifiés. Ils étaient âgés de 2 à 9 ans au moment des faits. Les investigations montrent que tous n’ont pas été exposés aux mêmes actes, mais qu’ils apparaissent dans un ensemble d’éléments convergents, constituant le cœur du dossier judiciaire.

Petit garçon l'air fâché et triste I Photo d'illustration I Source : Getty Images
Pour structurer leur travail, les gendarmes mettent en place un classement précis des faits, associant chaque enfant à des éléments spécifiques issus des images et des témoignages. Ce travail méthodique permet de reconstituer progressivement le déroulement des événements sur plusieurs années.
Au fil de l’enquête, le mis en cause reconnaît partiellement les faits qui lui sont reprochés, selon les éléments de procédure. Déjà mis en examen en janvier 2025, il voit les charges évoluer à mesure que de nouvelles victimes sont identifiées. Le 4 février 2026, un réquisitoire supplétif élargit les poursuites. Puis, le 10 avril 2026, une mise en examen complémentaire est prononcée, victime par victime, selon une déclaration de Laetitia Francart, procureure de la République de Villefranche-sur-Saône, à Le Parisien.
Il est aujourd’hui placé en détention provisoire et mis en cause pour plusieurs infractions particulièrement graves, notamment des viols sur mineurs de moins de 15 ans, des agressions sexuelles sur mineurs ainsi que la production et la détention d’images à caractère pédopornographique.

Un lapin en peluche par terre, un enfant effrayé assis derrière. Maltraitance infantile I Photo d'illustration I Source : Getty Images
L’affaire, par son ampleur et le nombre de victimes identifiées, suscite une forte émotion dans la commune. Pour les familles concernées, la découverte des faits a été d’une violence psychologique profonde. Beaucoup évoquent un choc durable et une incompréhension totale face à la situation.
« C’est une trahison totale envers des parents qui avaient accordé leur confiance », a indiqué Maître Jean Sannier, avocat de plusieurs parties civiles, cité par France Info, évoquant également les conséquences à long terme pour les enfants concernés.
Dans le village, la sidération domine. Lucenay, où les habitants se connaissent largement, fait face à une affaire qui contraste brutalement avec son image habituelle de tranquillité. Les échanges sont rares et souvent empreints de retenue.
« On n’aurait jamais imaginé une telle affaire ici », confie un habitant, décrivant une commune encore sous le choc, où l’incompréhension reste largement partagée.
Au-delà de l’émotion locale, cette affaire soulève également des interrogations plus larges sur les mécanismes de détection et de signalement des violences faites aux mineurs, ainsi que sur les dispositifs de protection dans les environnements de proximité. L’enquête judiciaire, toujours en cours, devra désormais permettre de préciser l’ensemble des responsabilités et de consolider les éléments déjà réunis.
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