Martyre de l'A10, le témoignage poignant de l'ancien maire de Suèvres "Je saurais donc la vérité avant de mourir"

Le témoignage poignant de l'ancien maire de Suèvres

Le 11 août 1987, une petite fille "de 3 à 5 ans" est retrouvée morte sur le bas côté de l'autoroute A10, près de Suèvres (41). 31 ans plus tard et grâce à une correspondance dans le Fichier national des empreintes génétiques, son frère est identifié, puis ses parents.

Tout démarre le 11 août 1987, lorsque des agents d'entretien retrouvent le petit corps d'une fillette, horriblement mutilé, dans un fossé sur le bord de l'autoroute A10, dans le Loir et Cher.

Âgée d’environ 4 ans, elle avait des cheveux bruns et bouclés, des grands yeux marrons et un petit corps entaché d’atroces sévices. Des morsures, des brûlures au fer à repasser, et même d’anciennes fractures, selon l’autopsie réalisée à l’époque.

Des moyens seront mis en place pour découvrir l'identité de la petite fille, en vain. Pendant 30 ans, elle restera "La martyre de l'A10", une enfant non identifiée.

En 2017, un homme est arrêté dans le cadre d'une affaire banale. Son ADN est prélevé, et entré dans la base de données. C'est alors qu'une correspondance est établie avec celui retrouvé sur la petite fille : l'homme n'est autre que son frère.

Après 30 ans, la fillette a enfin un nom : Inass T.

Les parents de la fillette, deux sexagénaires aujourd'hui séparés, ont été identifiés et interpellés ce mardi 12 juin.

Aujourd'hui ils sont tous les deux accusés de "meurtre sur mineur de 15 ans, violences habituelles sur mineur de 15 ans et recel de cadavre". Leur première garde à vue a donné plus d'informations sur la vie de la petite fille.

Troisième d'une fratrie de sept enfants, Inass est née en juillet 1983 à Casablanca, au Maroc, où elle a vécu avec sa grand-mère maternelle pendant 18 mois, avant de rejoindre ses parents à Puteaux, en région parisienne, en juillet 1985.

Inscrite à la maternelle, elle n'a cependant jamais été scolarisée. "Elle a été déclarée dans les fichiers de la CAF, inscrite sur des passeports et sur le livret de famille", relève le procureur de Blois, cité par le Parisien.

Le père de la petite fille, Ahmed, a déclaré qu'il vivait un enfer, et que sa femme était violente. Il affirme avoir retrouvé sa fille morte en rentrant chez lui le 10 août 1987.

"Sa femme lui a dit qu'elle était tombée dans l'escalier. Il n'a pas eu le courage de la dénoncer et sont partis vers le Maroc."

La mère, Halima.T, nie les faits et assure que sa fille vivait toujours au Maroc au moment des faits. Les frères et soeurs, eux "ne se souviennent pas."

Un homme avait été profondément touché par cette affaire, et n'oubliera jamais l'émotion qu'elle avait engendré, en France, mais surtout dans sa ville. Cet homme, c'est Kléber Cousin, celui qui était le maire de Suèvres en 1987.

"C'est un soulagement, je saurais donc la vérité avant de mourir, grâce à cette chose formidable, l'ADN", souffle-t-il au Parisien. "Cette petite sera toujours la fille de notre commune."

La tombe d'Inass va être modifiée, un épitaphe et un nom viendront enfin l'orner, après toutes ces années d'anonymat. La petite fille aura droit à la décence dont elle a été privée par ses propres parents.

Après plus de 30 ans, la tombe de celle qui était il y a encore deux jours la "martyre de l'A10", est encore fleurie par des anonymes.

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