Gilets jaunes jour après jour: comment tout a commencé et ce qui est arrivé au mouvement

Des images de barricades en flammes, de policiers anti-émeute et de gaz lacrymogènes sur les Champs-Élysées à Paris ont attiré l'attention du monde sur les gilets jaunes de France. Le nom fait référence aux vestes haute visibilité que ces manifestants ont adoptées pour symboliser leur plainte.

La loi française oblige tous les automobilistes à porter ces vestes dans leur voiture. Le mouvement a débuté plus tôt ce mois-ci pour protester contre la hausse du prix de l'essence, mais a pris un rôle plus important et les gilets jaunes sont désormais perçus comme des symboles du mécontentement populaire grandissant à l'égard du président Emmanuel Macron.

La durée de vie du mouvement de contestation dépend en partie de sa capacité à survivre à une tentative de mutation en un mouvement plus organisé. Les gilets jaunes sont actuellement sans structure et sans leader, ce qui constitue à la fois leur force et leur faiblesse potentielle.

Voici une chronologie du mouvement des gilets jaunes.

Source : Wikimedia Commons

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Prémices et débuts

Le 9 novembre 2018, le président de la République est allé dans la ville d'Albert, dans la Somme, à l'occasion des cérémonies de commémoration de l'armistice de 1918, quelques manifestants liés au mouvement des gilets jaunes tentent de rencontrer Emmanuel Macron, mais ils sont refoulés par la police assurant la sécurité du chef de l'État.

Cela a poussé certains militants rattachés au mouvement à bloquer symboliquement un rond-point au Neubourg, dans le département de l'Eure, le 10 et 15 novembre dernier.

Source : Wikimedia Commons

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Lors d’un entretien diffusé le 14 novembre sur la chaîne de télévision française TF1, Emmanuel Macron déclare:

«Ils ont le droit de manifester. Je veux comprendre. Je dis méfiance, il y a beaucoup de gens qui veulent récupérer ce mouvement.»

Le 15 novembre 2018, une «opération péage gratuit» est organisée dans la région de Pau, en plus d'une opération escargot sur la rocade qui s'est terminée par l'occupation de la barrière de péage de l'autoroute A64.

Première semaineː du 17 au 23 novembre

Le 17 novembre 2018, de très tôt à Paris, le blocage du périphérique dès 7 h 30, après un rassemblement organisé à la Porte Maillot, entame le mouvement.

Ensuite, durant une manifestation non déclarée organisée au Pont-de-Beauvoisin en Savoie, une manifestante de 63 ans, Chantal Mazet est mortellement frappée par une automobiliste qui était perturbée par plusieurs manifestants

Puis un piéton a été transporté à l'hôpital en urgence absolue après avoir été renversé lui aussi à Arras, dans le département du Pas-de-Calais. Le ministère de l'Intérieur a rapporté seize blessés légers à la suite des manifestations, au cours desquelles des agressions ou actes homophobes, racistes et islamophobes sont recensées.

En début d'après-midi, au niveau de la place Charles-de-Gaulle, des dizaines de manifestants ont investi l'avenue des Champs-Élysées, se dirigeant ensuite vers le palais de l'Élysée avant de se retrouver bloqués sur la place de la Concorde. Ensuite ce fut l'incident à Troyes dans l'Aube, quand la cour et le hall de la préfecture furent envahis par un groupe estimé à deux cents personnes, qui a été repoussés par les forces de l’ordre dans l'après-midi.

Source : Wikimedia Commons

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Le 18 novembre, vers 10 h, des gilets jaunes, en cortège de voitures investissent le parking de Disneyland Paris. Plusieurs blocages ont été également reportés ce jour-là, et la Police a estimé que 46 000 personnes restent mobilisées.

Ensuite, le ministère de l'Intérieur fait et communique son bilan pour la journée du 17: 287 710 personnes auraient manifesté à 17 h dans toute la France, en occupant 2 034 sites occupés. Un mort, 409 personnes blessées, 117 interpellations dont 73 gardes à vue ont été enregistrés et communiqués.

Le ministère de l’Intérieur communique que 27 000 personnes manifestent le 19 novembre.

Source : Wikimedia Commons

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10 500 personnes se sont mobilisées le 20 novembre, selon une source policière. S'ensuit un couvre-feu du 20 au 24, de 21 h à 6 h, dans quatorze villes de l'île de La Réunion. Plus de 650 interpellations et près de 500 gardes à vue ont lieu le 21 novembre.

Suite de débordements survenus sur l'île de La Réunion, Emmanuel Macron annonce mobiliser l'armée.

Le 23 novembre, un gilet jaune portant une charge explosive autour du cou menace de se faire exploser sur le parking d'un centre commercial à Angers si Emmanuel Macron ne reçoit pas le mouvement à l’Élysée. Après six heures de négociations avec les forces de l'ordre le suspect s'est rendu.

Deuxième semaineː du 24 novembre au 1er décembre

Immédiatement après la journée de mobilisation du 17 novembre, les réseaux sociaux ont été bombardés d'appels à manifester à Paris. Après que le gouvernement se soit opposé à un rassemblement sur l’avenue des Champs-Élysées ou à la place de la Concorde et proposé le Champ-de-Mars, les gilets jaunes et des personnalités politiques se sont lancés dans une vague de critiques.

Toutefois, les Gilets Jaunes, actuellement sans structure ni leader semblent divisés sur la stratégie à adopter, certains souhaitant se rendre massivement à Paris tandis que d’autres veulent continuer à bloquer le reste du pays.

Le 24 novembre, en dépit de nombreux barrages policiers qui ont été installés à Paris, les forces de l’ordre ont dû laisser les gilets jaunes pénétrer sur l’avenue des Champs-Élysées, où des barricades sont dressées en raison de l’importance de la foule. À plusieurs endroits, les manifestants sont dispersés au moyen de gaz lacrymogènes et canons à eau.

24 blessés ont été occasionnés par les incidents dont cinq issus des forces de l'ordre. Tout cela a conduit à 101 arrestations. Au sujet de l'origine des violences ce n'est pas l'unanimité car le gouvernement accuse l'ultra-droite tandis que les violences semblent en réalité provenir de groupes d'extrême gauche, rejoints par des manifestants non organisés d'origines diverses. Ceci a été confirmé par les sources policières à la suite des 101 interpellations.

À 17 heures, le ministère de l’Intérieur fournit les chiffres de 106 301 manifestants, dont 8 000 à Paris (5 000 sur les Champs-Élysées). Comme la semaine précédente, les chiffres du ministère sont contestés par des médias et opposants au gouvernement.

Selon les résultats d'une enquête publiés l'Institut Elabe, le nombre de Français qui soutiennent la mobilisation des gilets jaunes progresse de 5 points en une semaine

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