"Allô monsieur, je suis dehors avec mon bébé"

Comme chaque hiver, avec la baisse des températures en France, les opérateurs du 115 font face à des centaines d’appels. Malheureusement, sans pouvoir répondre à la majorité des demandes des personnes se trouvant à l’autre bout du fil dans le froid.

"Allô monsieur, je suis dehors avec mon bébé. Il respire mal, il a froid. Je vous en supplie, il faut nous aider."

brédouille une femme qui a informé plus tôt d’être enceinte de 6 semaines et de dormir avec son mari et son bébé de 7 mois dans une gare du département depuis deux jours. 

Des appels comme celui-ci, les opérateurs du numéro d’urgence sociale en Seine-Saint-Denis en auront des centaines le temps d’une soirée, mais il ne pourront trouver aucune solution pour près d'un tiers de personnes en detrésse.

"Je sais que c’est difficile, on va chercher un hôtel. Si on ne vous trouve rien, je vous conseille, madame, d’aller aux urgences." 

répond l’operateur du SAMU social avant de raccrocher et commenter pour lui-même d’un ton neutre : 

"Un couple et un enfant, on n’a rien en hébergement."

Et alors que la tempête Gabriel va s'abattre sur la France à partir de ce soir, les victimes du froid risquent d’être encore plus nombreuses.

LA SITUATION PRECAIRE D'UN NOMBRE DE MERES EN SEINE-SAINT-DENIS

Le problème d’hébergement d’urgence dans le département de Seine-Saint-Denis ne date pourtant pas d’hier. En septembre dernier, l’association Interlogement93 alertait sur la hausse des "bébés sans-abri".

"Le cas de ces mères sans-abri avec des bébés est devenu une angoisse quotidienne pour les professionnels du 115. Au cours de l'été, nous avons été saisis des cas de 54 femmes sans solution d'hébergement après leur accouchement"

décrivait à l'AFP Bénédicte Souben, d'Interlogement 93, qui gère la plateforme d'appels d'urgence en Seine-Saint-Denis et avouait ne plus parvenir à faire face. En cause, la saturation des places d'hébergement d'urgence et une demande grandissante.

Selon Le Monde , en 2014, 197 femmes sans-abri, enceintes de plus de trois mois ou en sortie de maternité, avaient été signalées aux associations. En 2017, le chiffre a été multiplié par trois pour atteindre 653.