"C’est véritablement un mouroir": 33 morts suspectes dans un Ehpad du Doubs, l'enquête est ouverte

Suite à la révélation du nombre inquiétant des décès survenus entre 2017 et 2018 dans une maison de retraite de Pontarlier une enquête judiciaire a été ouverte. Les enquêteurs veulent faire la lumière sur la surmortalité anormale dans cet Ehpad.

L'Ehpad du Larmont compte près de 250 résidents. Cette maison de retraite située à Portarlier dans le Doubs, est l’une des plus importantes structures du secteur.

Inauguré en 2010, l’Ehpad du Larmont se voyait, selon ses concepteurs, comme "la volonté de recréer l’esprit d’un village à taille humaine."

Mais déjà en 2015, une étude publiée dans la revue spécialisée jetait l’ombre sur cet établissement en évoquant le sujet de fin de vie suite aux 69 décès recensés en 2012.

Selon les informations du Parisien, plusieurs décès ont par ailleurs été précipités par des négligences. "Cet Ehpad, c’est véritablement un mouroir", dénoncait alors un ex-salarié de l'établissement en question.

Les 33 autres cas de décès juges suspects sont survenus entre 2017 et 2018. Avec ces statistiques, la situation est en effet estimée "préoccupante", dans cette maison de retraite où les résidents sont confrontés à "un taux élevé de surmortalité par rapport à des établissements du même type", toujours selon Le Parisien.

Les premières investigations ont été menées à la suite d'un signalement effectué auprès de l'Agence Régionale de Santé (ARS) par des proches d'une personne décédée. 

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet pour "homicide involontaire", après la mort d'une pensionnaire au printemps 2018, révélait il y a dix jours L’Est Républicain.

"Au sein de la structure, tout est noté. Le moindre incident est répertorié", tente de défendre Lydie Lefebvre, déléguée CGT du Centre hospitalier intercommunal de Haute-Comté, dont dépend l’Ehpad du Larmont.

Cette dernière connait très bien l’établissement où elle avait travaillé comme aide-soignante et elle réfute les allégations sur usage immodéré du Midazolam pouvant provoquer la mort des patients.

L'enquête administrative de l'ARS se penchera tout de même sur l’utilisation de ce sédatif puissant, aussi utilisé pour les soins palliatifs.

"Dans l’attente d’éléments factuels complémentaires, il faut prendre garde à ne pas stigmatiser la structure", estime une source judiciaire. Les autorités préfèrent donc parler pour l'instant de "fins de vies potentiellement non-conformes à la loi", plutôt que d'"euthanasie", écrit Le Parisien.

UNE FEMME QUI A PARLÉ DE LA MORT DE SA MÈRE PENSIONNAIRE À L'EHPAD EST À PRÉSENT ATTAQUÉE

L'année dernière, les aides soignantes d'une maison de retraite dans le Jura ont fait la grève pendant plus de 100 jours pour dénoncer leurs conditions de travail et celles de prises en charge des patients.

En automne 2018, Michèle Fléchon, la fille d'une ancienne résidente, a pris la parole pour raconter les souffrances atroces que sa maman, décédée le 16 juin dernier dans ce même Ehpad, avait endurées dans ses derniers instants.

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