Christophe Castaner fait une confession touchante à des enfants au sujet des difficultés avec son père cruel

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dû apporter des éléments de réponse au sujet de son père violent dans l'émission Au tableau de ce mercredi 20 février 2019 sur C8. Castaner ému a eu du mal à cacher ses émotions.

S'il affiche aujourd'hui le profil d'un homme sûr de lui, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a toujours fait part des relations compliquées que lui et son paternel Pierre Castaner, un ex-militaire et ancien fusilier marin, entretenaient.

Ayant été l'un des invités d'Au Tableau sur C8 mercredi 20 février, il a dû encore retourner sur cette relation difficile en face des enfants de l'émission tandis qu'il tentait de répondre à leurs multiples questions sur les gilets jaunes et son père, entre autres.

Et, tandis qu'il était interrogé par les enfants et répondait à leurs questions sur C8, le ministre de l'Intérieur a parfois peiné à se contenir tant son émotion était grande et le mettait dans une étreinte.

"Mon papa a 'mis fin à ses jours"

QUESTIONS/RÉPONSES AVEC LES ENFANTS

À la question d'un enfant, "C'est vrai que votre père, il était sévère avec vous?", Castaner a répondu par un grand "Oui".  Puis, de poursuivre : 

"J'ai passé mon bac en candidat libre parce que je suis parti de chez moi très jeune. J'ai connu des choses qui ne sont pas normales dans une famille. Mes frères [il en a deux] aussi ! [...] Ça a eu une influence sur ma vie, je me suis construit, souvent, contre mon père, c'est comme ça",

se référant à l'impact sur sa vie de son père qu'il ne considérait pas comme un modède dans les colonnes de Libération.

Dans la foulée, il a été questionné sur "le moment le plus heureux que vous avez vécu avec votre père" par l'un des bambins. Cette question, parait-il, a ému Christophe Castaner qui, déstabilisé, répond avec un sourire triste qu'il n'a pas là spontanément grand-chose qui lui monte à l'esprit avant de préciser qu'ils se sont retrouvés quelques années avant la disparition, en 2014, de son papa qu'il appelait "Monsieur Non. Non à tout, à la moindre dépense, au moindre divertissement" dans M le Magazine.

"JE LUI AI PARDONNÉ"

"Je lui ai pardonné. À un moment, j'ai su le retrouver, j'ai su lui parler et j'ai su lui pardonner plein de choses. Après le décès de ma mère, on a eu des discussions franches. Pour mes frères, c'était plus compliqué, ils ne lui ont pas pardonné. J'ai eu la chance d'avoir été celui qui avait pu, c'est un peu difficile d'en parler, lui pardonner",

dit-il solennellement.

Ensuite, de continuer :

"Mon papa a 'mis fin à ses jours', comme on dit, et je l'ai même accompagné dans l'échange et le dialogue avec lui dans cette période-là. J'ai eu la chance de lui pardonner, mais il n’a pas toujours été à la hauteur de ce que j'aurais aimé qu'il soit."

En épilogue de sa prise de parole, le ministre de l'Intérieur a souligné que les enfants d'Au tableau

"m'ont amené sur des sujets très personnels, auxquels je ne m'attendais pas forcément... qui étaient plus difficiles à gérer."

LES GILETS JAUNES DOIVENT SE QUESTIONNER

Invité de Franceinfo mardi 19 février, Christophe Castaner s'était exprimé sur le mouvement de mobilisation des "gilets jaunes" qui dure déjà plus de trois mois. Selon lui, le mouvement a pris le chemin de la radicalisation "dans les faits", car certains extrémistes profitent des protestations pour venir "casser, agresser".

Et s'il déplore fermement l'antisémitisme et la manifestation organisée mardi soir à Paris, il insiste également sur le fait que

"les manifestants doivent se poser la question de savoir quelle histoire ils veulent laisser : celle de la violence ou celle de ce grand débat social qu'ils ont porté [...] Il n'est plus temps de se battre, mais plutôt de débattre",

a conclu celui-ci qui avait annoncé le vendredi 23 novembre dernier que sa maison en Provence a été "attaquée" par des gilets jaunes.