"Ils m’ont humiliée" : Marion, un Gilet jaune livre un terrible témoignage après son interrogatoire

Marion a été violemment interpelée samedi 16 mars lors de l'Acte XVIII des Gilets Jaunes à Paris. A la sortie de sa garde à vue 24 heures plus tard, la jeune femme a livré sur sa page Facebook un témoignage bouleversant de ce qu’elle avait vécu.

Nous retranscrivons quelques extraits de sa publication Facebook sur son interpellation et de sa garde à vue dans les conditions inhumaines.

"Bonjour tout le monde me voilà enfin rentrée de 24 h de GAV [garde à vue, NDLR] après avoir été projetée par un FO [Force de l’ordre] avec son bouclier je me suis retrouvée au sol sur le ventre et quand ils sont passés à côté je me suis rendu compte que c’était les FO alors j’ai rétorqué avec un coup de pied."

écrit Marion au début de son long récit.

SON INTERPELLATION MUSCLÉE

"Ils m’ont sautés dessus à plusieurs, menottée insultée humiliée frappée, j’ai eu le droit à la rangers sur le visage écrasé, les liens [pour lui entraver les mains] n’ont pas tenus alors j’ai été menottée puis mise debout dans le cortège et assise pendant plus d’une heure avec insulte et humiliation sans cesse..."

LES CLÉS DE SES MENOTTES PERDUES

"Arrivée au commissariat dans le 5 ème pendant plus de 2 h, ils ont cherché les clés sans avoir lu mes droits ou signé ma GAV. Avec 2 policiers nous avons fait le tour du 5 ème jusqu’au Sénat voir leur collègue gendarme s’ils avaient les clés..... La blague.... (...) Arrivée de retour au commissariat du 5 ème ils ont décidé de me les couper photo et vidéo à la suite."

Une fois ses mains détachées, Marion ne sera pas au bout de ses peines...

"Mise en GAV dans une cellule avec 4 autres filles où 2 n’avaient fait que sortir du métro sans aller à une manifestation."

DES CONDITIONS INSUPPORTABLES

"Au repas, du riz plus que dégueu on s’entend bien... Du mal à avoir des verres d’eau.... Dans la cellules, 3 matelas 2 couvertures pour 5. En pauvre tee-shirt sans soutien-gorge on se débrouille et se soutient comme on peut... Toute la soirée, on fait des allers-retours dans les bureaux, ils me menacent de grosses sanctions si je refuse de parler et de faire le test salivaire mais je ne lâche pas, les filles non plus."

LE MOMENT OÙ ELLE CRAQUE

"Au petit matin dans un nuage de saletés d’odeur nauséabondes, une briquette de jus d’orange et 2 ptit lu degueu.. Et rebelote audition sur audition toujours dans l’humiliation, personne ne sait à quelle sauce on va être mangé, certains nous disent dépôt directement d’autres nous laissent dans le flou."

écrit Marion avant de poursuivre :

"Les heures passent et dans l’après-midi la réalité me rattrape et là, je craque, commence à penser à ce qu’il va m’arriver pour mes enfants qui me manquent terriblement, coupée de tout, d’humilité, d’être humain, parce que franchement ces gens c’est des robots ils ne savent jamais rien et ça s passe comme ça point barre. Je perds mon courage de vouloir me battre jusqu’au bout soutenus par mes collègues de cellule je me fais interroger une nouvelle fois par la PJ [police judiciaire]..."

Finalement, Marion a été libérée avec une convocation au mois d’avril et elle cherche à rassembler témoignages, photos et vidéos de son interpellation afin de porter plainte. 

Le site Révolution permanente a partagé l’adresse à laquelle ils peuvent être envoyés : siterevolutionpermanente@gmail.com.

UN HOMME EN FAUTEUIL ROULANT CIBLÉ PAR UN PROJECTILE DE GRENADE LACRYMOGÈNE

Manifestations gilets jaunes riment avec casses, affrontement entre forces de répression et protestataires, destructions de biens publiques par les manifestants, etc. Mais, cela va de pair aussi avec des cas de violences policières enregistrés depuis près de quatre mois.

Le samedi 9 mars dernier, un homme en fauteuil roulant a été la cible de jet d’une lance à incendie et d'un tir de grenade lacrymogène lors de l'Acte XVII des Gilets Jaunes. L'acte horrible a été filmé puis partagé sur les réseaux sociaux.

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