
Trois passagers décèdent et d'autres tombent malades suite à une épidémie présumée d'hantavirus sur un bateau de croisière
Une croisière de luxe dans certaines des régions maritimes les plus isolées de la planète a viré au cauchemar lorsque, les uns après les autres, des passagers ont été frappés par une grave maladie. À l’arrivée du navire au Cap-Vert, le bilan s’élevait déjà à trois morts.
Une épidémie présumée d’hantavirus à bord du MV Hondius, un navire de croisière sous pavillon néerlandais, a fait trois victimes et contaminé au moins trois autres personnes. L’information a été confirmée dimanche 3 mai 2026 par l’Organisation mondiale de la santé ainsi que par le ministère sud-africain de la Santé.

Vue d'ensemble du paquebot MV Hondius à proximité du port de Praia, capitale du Cap-Vert, le 3 mai 2026. | Source : Getty Images
Le navire, exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, avait quitté Ushuaïa, en Argentine, le 20 mars pour une croisière aller-retour de 46 jours. L’itinéraire prévoyait des escales en Antarctique, aux îles Malouines, à Sainte-Hélène ainsi qu’à l’île de l’Ascension, avant une arrivée finale aux îles Canaries.
Au moment de l’apparition du foyer épidémique, environ 150 passagers et quelque 70 membres d’équipage se trouvaient à bord.

Cette photo aérienne offre une vue d'ensemble du paquebot MV Hondius à son arrivée au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 3 mai 2026. | Source : Getty Images
Qui sont les victimes ?
Le premier décès est celui de Leo Schilperoord, 69 ans, biologiste originaire de Haulerwijk, aux Pays-Bas. Il avait poursuivi ses études à l’Université libre d’Amsterdam ainsi qu’à l’Université de Groningue.
Selon les informations disponibles, il aurait été le premier à présenter des symptômes liés à une infection par le hantavirus et serait décédé à bord du navire dès le 11 avril. Sa dépouille a été débarquée lors de l’escale à Sainte-Hélène, territoire britannique d’outre-mer situé dans l’Atlantique Sud.

Leo Schilperoord | Source : Facebook/Leo Schilperoord
Son épouse, Mirjam Schilperoord, également âgée de 69 ans, a été transférée dans un hôpital de Johannesburg, en Afrique du Sud, où elle est décédée le 26 avril. Sans enfant, le couple aurait été engagé au sein d’un comité local opposé à un projet immobilier près de leur ville natale.
Leur décès a été confirmée par ce comité ainsi que par une association de quartier, qui a publié un faire part dans l’hebdomadaire local De Haulerwijk. Leur attachement commun à la nature était bien connu : dès 1984, ils avaient co-écrit un article scientifique consacré au comportement des oies à bec court dans le sud-ouest de la Frise.
L’identité de la troisième victime n’a, à ce stade, pas encore été rendue publique.

Cette photo aérienne offre une vue d'ensemble du paquebot MV Hondius à son arrivée au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 3 mai 2026. | Source : Getty Images
Ceux qui luttent encore contre la maladie
Un ressortissant britannique de 69 ans, dont la contamination par le hantavirus a été confirmée, est actuellement pris en charge en soins intensifs dans un hôpital de Johannesburg. Il est tombé malade à proximité de l’île de l’Ascension, après le départ du navire de Sainte-Hélène, avant d’être évacué par voie aérienne vers l’Afrique du Sud.
Deux membres d’équipage ayant également développé des symptômes demeurent à bord du navire, actuellement au mouillage au large des côtes du Cap-Vert.

Cette photo aérienne offre une vue d'ensemble du paquebot MV Hondius à son arrivée au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 3 mai 2026. | Source : Getty Images
Les autorités sanitaires locales se sont rendues à bord afin d’examiner les deux personnes concernées. Toutefois, au moment de la rédaction de cet article, aucune décision n’avait encore été prise quant à leur éventuel transfert vers des structures médicales sur l’île.
De son côté, Oceanwide Expeditions a indiqué que sa priorité demeurait d’assurer aux deux membres d’équipage malades une prise en charge médicale appropriée. La compagnie a également précisé que la dépouille de la troisième victime se trouvait toujours à bord, dans l’attente des dispositions nécessaires.

Cette photo aérienne offre une vue d'ensemble du paquebot MV Hondius à son arrivée au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 3 mai 2026. | Source : Getty Images
Le navire reste en quarantaine
Les autorités cap-verdiennes n’ont, à ce stade, autorisé aucun débarquement du Hondius. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé qu’au moins un cas d’hantavirus avait été validé en laboratoire, précisant que les investigations se poursuivaient, notamment à travers des analyses complémentaires, le séquençage du virus et des enquêtes épidémiologiques.
De son côté, l’Institut national sud-africain des maladies transmissibles a engagé une opération de traçage des contacts dans la région de Johannesburg, afin d’identifier d’éventuelles expositions parmi les personnes ayant été en contact avec des passagers infectés lors des escales à terre.
Qu'est-ce que l'hantavirus ?
L’hantavirus est une maladie rare transmise par les rongeurs, principalement par contact avec des animaux infectés ou avec leurs sécrétions — urine, salive ou excréments — notamment lorsque des particules contaminées sont mises en suspension dans l’air.
L’exposition survient le plus souvent dans des espaces confinés et mal ventilés, tels que des chalets, des remises ou des entrepôts. Si une transmission entre humains reste possible, l’Organisation mondiale de la santé souligne qu’elle demeure exceptionnelle.

Un campagnol des rives (Myodes glareolus), photographié le 17 avril 2026. Le campagnol des rives est également connu sous le nom de campagnol des bois. Il peut transmettre l'hantavirus et la leptospirose, deux maladies dangereuses pour l'homme. | Source : Getty Images
La maladie se manifeste généralement par des symptômes pseudo-grippaux — fièvre, frissons, douleurs musculaires et maux de tête — rendant son identification difficile aux premiers stades, tant ils peuvent évoquer des infections courantes.
À mesure qu’elle progresse, elle peut entraîner une gêne respiratoire marquée, liée à une accumulation de liquide dans les poumons. Sa forme la plus sévère, le syndrome pulmonaire à hantavirus, affiche un taux de létalité d’environ 35%.

Des panneaux d'avertissement concernant l'hantavirus installés un peu partout dans le Curry Village, au parc national de Yosemite, en Californie, le 28 août 2012. | Source : Getty Images
Une deuxième forme de la maladie, la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, présente un taux de mortalité plus faible, généralement compris entre 1 et 15%.
À ce jour, il n’existe ni traitement spécifique ni remède contre l’hantavirus. Les spécialistes de santé soulignent toutefois qu’une prise en charge précoce et un traitement symptomatique en milieu hospitalier peuvent améliorer de manière significative les chances de survie des patients.

Des scientifiques en blouse de laboratoire, réalisant une étude | Source : Getty Images
L'hantavirus dans l'actualité
Cette épidémie survient un peu plus d’un an après que l’hantavirus a retenu l’attention de l’actualité internationale à la suite du décès de l’acteur Gene Hackman et de son épouse, Betsy Arakawa.
Mme Arakawa, âgée de 65 ans, est décédée à leur domicile de Santa Fe, dans l’État du Nouveau-Mexique, le 11 février 2025, des suites d’un syndrome pulmonaire à hantavirus.
Gene Hackman, 95 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé, est décédé une semaine plus tard d’une affection cardiaque, sans avoir eu connaissance du décès de son épouse. Les autorités ont conclu à des décès de causes naturelles dans les deux cas.

Gene Hackman en compagnie de Betsy Arakawa lors de la 15e édition annuelle du Champagne Stakes organisée par l'association United Cerebral Palsy of New York City au restaurant Etoile en 2000 | Source : Getty Images
Cette affaire a contribué à attirer l’attention du grand public sur ce virus, présent dans de nombreuses régions du monde, mais dont les cas sont plus fréquemment recensés dans l’ouest des États-Unis, notamment au Nouveau-Mexique et en Arizona.
Les autorités sanitaires rappellent que la meilleure manière de réduire le risque d’infection par l’hantavirus consiste à éviter tout contact avec les rongeurs ainsi qu’avec leurs excréments.
Pour le nettoyage des espaces clos potentiellement contaminés, il est recommandé de porter des gants de protection et d’utiliser une solution d’eau de Javel. Il est en revanche déconseillé de balayer ou de passer l’aspirateur, ces gestes pouvant remettre en suspension des particules virales dans l’air.
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