Jeune homme tué à Nantes : Le policier admet avoir menti

Des milliers de personnes demandent la vérité sur le jeune homme tué à Nantes

Aboubakar Fofana, jeune homme de 22 ans est mort, mardi 3 juillet au soir, après avoir été touché par balle par un policier lors d'un contrôle dans le quartier du Breil, à Nantes. Suite à cela, une vague de violence avait eu lieu dans la ville pendant la nuit, lors de laquelle une trentaine de voitures et plusieurs bâtiments ont été incendiés.

Aboubakar était déjà connu des services de police. Il faisait d'ailleurs l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en juin 2017 par un juge d'instruction de Créteil. Il était recherché pour vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs. La voiture qu'il conduisait sans ceinture au moment des faits était sous surveillance.

Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Nantes pour faire la lumière sur le décès d'Aboubakar. Un millier de personnes ont participé jeudi en fin de journée à une marche silencieuse dans le quartier du Breil à Nantes pour réclamer "vérité" et "justice pour Abou".

Le policier qui lui a tiré dessus avait été placé en garde à vue jeudi par l'IGPN. Il a reconnu avoir menti lors de sa première déclaration et a expliqué avoir tiré sur le jeune homme par accident.

Selon les informations de LCI, l'officier de police a indiqué en garde à vue qu'il n'avait pas cherché à "neutraliser" le jeune homme dans sa fuite en tirant volontairement sur lui, mais avoir tiré dessus de façon accidentelle. 

Il a déclaré qu'en tentant avec sa main de prendre le jeune homme qui était au volant par le bras, afin de le stopper, les choses ne se sont pas faites sans encombre. Et alors qu'il tenait son pistolet dans la main gauche, dans toute cette agitation, le coup est parti, par accident. 

L'avocat du policier a été interrogé par LCI et confirme la thèse de l'accident. Il déclare que son client est absolument "dévasté par son acte"

"Le tir accidentel a conduit à la mort d'un jeune homme (...) le premier réflexe de la personne qui se sent autant coupable, c'est le déni", a déclaré Me Laurent-Franck Liénard. "Son premier réflexe a été de mentir (...) mais il a ensuite révélé la vérité de manière beaucoup plus apaisée". Un geste qu'il "regrette" et "regrettera toute sa vie".

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