Retour sur certains des films de Jean-Pierre Mocky, décédé le 8 août 2019

Jean-Pierre Mocky, un cinéaste français inclassable, est décédé jeudi à l'âge de 90 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. Au cours de sa carrière, il a tourné avec les plus grands acteurs, tels que Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. Retour sur 4 films qui ont marqué sa carrière.

Le réalisateur français Jean-Pierre Mocky, infatigable des conventions sociales, est mort jeudi 8 août après une carrière riche en films, a déclaré sa famille à l'AFP. "Jean-Pierre Mocky est décédé à la maison cet après-midi à 15 heures", a déclaré son gendre, Jérôme Pierrat.

"Jean-Pierre Mocky est parti tourner son prochain film avec Bourvil, Michel Serrault, Michel Simon, Fernandel, Jacqueline Maillan, Jeanne Moreau, Jean Poiret, Francis Blanche, Charles Aznavour et tant d'autres. Le cinéaste s’est éteint dans sa 86e année dans sa maison parisienne, entourée de sa famille et ses proches ",

ont déclaré le fils et la fille du cinéaste, Stanislas Nordey et Olivia Mokiejewski, dans un communiqué à l'AFP.

DES DOUTES SUR SA DATE DE NAISSANCE

Celui qui a expliqué dans son autobiographie intitulée "Je vais toujours me faire des amis" (Cherche-Midi, 2015) qu'il est né en 1933 mais que son état civil a été falsifié au début de la guerre pour qu'il puisse prendre le bateau, était réalisateur et auteur de plus de soixante films dont "Un Drôle de paroissien" avec Bourvil.

Une carrière riche et inégale, marquée par la production et direction de comédies et films plus sérieux, Jean-Pierre Mocky a su faire rire et pousser à la réflexion de nombreuses générations. L’occasion pour nous de vous proposer de redécouvrir 5 films qui ont marqué son parcours.

LES DRAGUEURS (1959)

C’est le premier film de Jean-Pierre Mocky dans lequel il raconte le quotidien de deux jeunes hommes (un est timide, l'autre est sûr de lui) qui draguent dans les rues de Paris. 

Alors que tout le monde s’attend à ce que celui qui est plus sûr de lui reparte au bras d'une jeune femme (incarnée par Anouk Aimée) cela ne s’est pas produit, mais non plus l’inverse. En fait, l'histoire propose une intrigue qui s’en va bien au-delà de ce dénouement tant attendu

Le film s’est avère être un des plus beaux succès du cinéma français de cette époque et aurait même été à l’origine de la popularisation du terme “dragueur”.

LA GRANDE LESSIVE ! (1968)

Ce film est une autre comédie réalisée par Mocky dans lequel il emploie un ton burlesque mêlé à un brin provocateur (surtout à l'époque où l’État avait le contrôle total de la télévision et la radio) pour décrire la télévision comme un outil de contrôle de l'esprit, de la pensée de la masse ainsi que son abêtissement.

Une intrigue dont les acteurs principaux sont incarnes par le duo Bourvil-Francis Blanche, mis en scène pour la troisième fois par Mocky. Dans La Grande lessive ! Bourvil incarne un instituteur qui discerne a quel point la télé est nocive pour la jeunesse et qui va essayer de brouiller les ondes de transmission du petit écran pour la sauver.

Un sujet abordé avec une plaisanterie farouche et qui a rencontré un immense succès en France a l’époque. C’est également, un sujet encore d'actualité mais qui pourrait aussi adresser le problème des réseaux sociaux et des portables qui détournent l’attention des jeunes.

L’ALBATROS (1971)

Une histoire se déroulant en 24 h sans temps mort dans laquelle Mocky continue de faire ce qu’il a fait de mieux dans ses réalisations : s’attaquer aux mœurs, d’une société corrompue, et surtout à celles du pouvoir politique en place qui est réussi à étouffer mai 68.

Cette fois-ci, le héros est un prisonnier fraichement échappé de sa cellule qui flagelle système politique corrompu en décidant de kidnapper la fille d’un politicien, interprétée par Marion Game. Une intrigue qui dévoile un courroux sans filtre sur un fond d’une belle musique de Léo Ferré. Au final, une très belle réalisation bien que selon certaines critiques, la fin du film a été un peu bâclée.

À MORT L’ARBITRE (1984)

Si l'un des objectifs de Jean-Pierre Mocky était de constamment remuer la société et ses potentiels dérapages, le célèbre feu réalisateur a dû signer une œuvre prémonitoire. C'est ce qu'il a fait avec la production de "À Mort l'arbitre".

Ce thriller haletant, devenu son film le plus connu, raconte une histoire qui s'est produite sur un terrain de foot, au cours d'un match durant lequel, les supporters, dont un fan psychopathe, interprété par Michel Serrault tentent de prendre en chasse l’arbitre de la rencontre, incarne par Eddy Mitchell.

Une véritable course-poursuite permanente et crasse, qui a servi de signe avant-coureur du drame du Heysel l’année suivante, durant lequel une charge de hooligans anglais entraînera la mort de 39 supporters dans un stade de Bruxelles.

 Mort l'arbitre" est un film qui dresse un portrait féroce de la bêtise humaine et s'avère une excellente réalisation de Mocky dont les funérailles ont été célébrées le lundi 12 août, à l’Église Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement (Paris).

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