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Une femme buvant un shot de tequila I Photo d'illustration I Source : Getty Images
Une femme buvant un shot de tequila I Photo d'illustration I Source : Getty Images

Après 14 tequilas et une chute, une passagère gagne son procès contre une compagnie de croisière

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16 avr. 2026
16:52

Ce qui devait être une parenthèse festive en pleine mer a viré au drame judiciaire. Une passagère américaine, qui affirme avoir reçu 14 shots de tequila lors d’une croisière à bord du Carnival Radiance, a obtenu plus de 252 000 euros de dommages et intérêts après une chute grave ayant entraîné un traumatisme crânien.

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À bord du Carnival Radiance, les lumières dansaient sur l’eau noire, et les rires s’élevaient comme une promesse de légèreté. Pour Diana Sanders, infirmière américaine de 45 ans, cette croisière de janvier 2024 devait être une parenthèse, une respiration loin du tumulte du quotidien. Elle ignorait encore que, quelques heures plus tard, cette nuit basculerait dans une spirale irréversible.

Tout commence dans un bar du navire. L’ambiance y est électrique, presque irréelle. Les verres s’entrechoquent, les serveurs circulent sans relâche, et les cocktails s’enchaînent avec une facilité déconcertante. Diana, comme tant d’autres passagers, se laisse porter par cette euphorie organisée. Au fil des heures, les doses s’accumulent. Une, puis deux, puis dix. Jusqu’à quatorze shots de tequila servis en l’espace de neuf heures. Une cadence qui, déjà, interroge. Une limite qui, visiblement, n’existe plus.

Le navire de croisière Carnival Radiance dans le port d'Avalon, le 19 mai 2023, à Avalon, en Californie I Source : Getty Images

Le navire de croisière Carnival Radiance dans le port d'Avalon, le 19 mai 2023, à Avalon, en Californie I Source : Getty Images

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Autour d’elle, rien ne semble freiner cette mécanique bien huilée. Le sourire des serveurs, l’insistance discrète, presque commerciale, à remplir les verres. Dans cet univers clos, tout est pensé pour prolonger la fête. Et Diana, peu à peu, glisse vers un état d’ébriété manifeste. Puis vient l’instant de rupture.

Elle quitte le bar. Les couloirs du navire, d’ordinaire rassurants, deviennent soudain labyrinthiques. Les lumières vacillent, les repères se brouillent. Il suffit d’un faux pas. Une marche mal négociée. Et la chute. Violente. Silencieuse.

Des shots de tequila I Source : Getty Images

Des shots de tequila I Source : Getty Images

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Lorsque son corps heurte les escaliers, la nuit bascule. Diana subit un traumatisme crânien, accompagné d’une commotion cérébrale, de douleurs persistantes et de multiples contusions. Mais le plus troublant reste ce qui suit. Car après sa chute, elle disparaît.

Pendant un temps indéterminé, la passagère reste introuvable. Ce n’est que plus tard qu’elle est découverte, inconsciente, dans une zone strictement réservée à l’équipage. Un endroit où elle n’aurait jamais dû se trouver. Un lieu qui, à lui seul, soulève de nombreuses questions.

Une femme évanouie gît sur le sol I Photo d'illustration I Source : Getty Images

Une femme évanouie gît sur le sol I Photo d'illustration I Source : Getty Images

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Que s’est-il passé entre la chute et cette découverte ? Comment une passagère blessée a-t-elle pu se retrouver dans un espace interdit ? Et surtout, pourquoi certaines images de vidéosurveillance de cette nuit ont-elles disparu ? Autant de zones d’ombre qui, devant la justice, vont peser lourd.

L’affaire est portée devant un tribunal de Miami. Face à Diana Sanders se dresse un géant de l’industrie des croisières, la compagnie Carnival Cruise Line. Le combat semble inégal. D’un côté, une femme marquée physiquement et psychologiquement. De l’autre, une multinationale rompue aux batailles judiciaires. Mais Diana ne recule pas.

Le navire de croisière Carnival Radiance dans le port d'Avalon, le 19 mai 2023, à Avalon, en Californie I Source : Getty Images

Le navire de croisière Carnival Radiance dans le port d'Avalon, le 19 mai 2023, à Avalon, en Californie I Source : Getty Images

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Son avocat, Spencer Aronfeld, construit une ligne de défense claire : il ne s’agit pas seulement d’un accident. Il s’agit d’une négligence. Selon lui, les employés du navire auraient dû cesser de servir de l’alcool dès les premiers signes visibles d’ivresse. Une responsabilité élémentaire, ignorée au profit d’une logique commerciale.

Au fil du procès, une autre réalité se dessine. Celle d’un système où l’alcool coule à flots, encouragé par des formules “tout compris” qui incitent à consommer sans limite. Un modèle économique où les serveurs, souvent sous pression, privilégient les pourboires au détriment de la vigilance.

Avocat s'adressant au jury I Photo d'illustration I Source : Getty Images

Avocat s'adressant au jury I Photo d'illustration I Source : Getty Images

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« Cette affaire met en lumière le danger inhérent aux formules boissons à volonté, qui encouragent la consommation excessive et poussent les serveurs sous-payés à privilégier les pourboires au détriment de la sécurité », plaide l'avocat.

En face, la défense de la compagnie se veut catégorique. Aucun comportement d’ivresse manifeste n’aurait été constaté. Pas de démarche vacillante, pas de propos incohérents, pas de signes évidents. En somme, aucune raison d’interrompre le service. Mais les jurés ne sont pas convaincus.

Un avocat tenant un livre I Photo d'illustration I Source : Getty Images

Un avocat tenant un livre I Photo d'illustration I Source : Getty Images

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Après examen des faits, ils concluent que la compagnie a manqué à son devoir de prudence. Que l’accumulation de verres servis en si peu de temps relevait d’une négligence manifeste. Et que cette négligence a directement contribué à l’accident.

Le verdict tombe comme une vague tardive mais implacable : Diana Sanders obtient plus de 252 000euros de dommages et intérêts. Une victoire. Mais une victoire au goût amer. Car derrière la décision judiciaire, il y a les séquelles. Les migraines persistantes, les douleurs dorsales, le traumatisme invisible qui s’installe après coup. Et cette nuit, dont certaines images resteront à jamais absentes.

Un juge, un marteau et une balance, qui symbolisent la justice I Photo d'illustration I Source : Getty Images

Un juge, un marteau et une balance, qui symbolisent la justice I Photo d'illustration I Source : Getty Images

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L’histoire de Diana dépasse désormais le cadre individuel. Elle interroge un modèle. Elle met en lumière une industrie où le divertissement flirte parfois dangereusement avec l’excès.

Et elle résonne d’autant plus qu’un autre dossier, encore en cours, vient renforcer ce malaise. Une plainte vise la compagnie Royal Caribbean, accusée d’avoir servi à un passager pas moins de 33 boissons alcoolisées avant un drame mortel. Là encore, la question est la même : jusqu’où va la responsabilité individuelle ? Et où commence celle des entreprises ?

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