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Matthieu Delormeau I Source : Getty Images
Matthieu Delormeau I Source : Getty Images

« Chaque jour est un combat » : Matthieu Delormeau se confie sans filtre sur son enfer de la drogue

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30 avr. 2026
14:53

Matthieu Delormeau s’est livré avec une sincérité bouleversante à l’occasion de la sortie de son livre Addiction, publié aux éditions Éditions Leduc. Il y raconte sa descente dans l’enfer de la drogue et le combat quotidien qu’il mène pour s’en libérer. Entre lucidité, fragilité et volonté de prévenir, son témoignage met en lumière la réalité brutale des addictions et brise les tabous autour de la santé mentale.

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Invité sur le plateau de Buzz TV mercredi 29 avril 2026, Matthieu Delormeau a levé le voile, avec une franchise presque désarmante, sur les zones les plus sombres de son existence. À l’occasion de la parution de son livre Addiction, publié aux éditions Éditions Leduc, l’ancien visage familier de Touche pas à mon poste ! s’est confié sans détour sur sa dépendance, son isolement et le long chemin qui le mène aujourd’hui vers une forme fragile de reconstruction.

Matthieu Delormeau sur le plateau de Buzz TV I Source : https://www.youtube.com/watch?v=Sl-0F0QA028&list=PL_3P3xgnwTL1ew15AmUTiWCtfhnCw6ovS&index=2

Matthieu Delormeau sur le plateau de Buzz TV I Source : https://www.youtube.com/watch?v=Sl-0F0QA028&list=PL_3P3xgnwTL1ew15AmUTiWCtfhnCw6ovS&index=2

Dès les premières minutes de l’entretien, une question simple, presque banale, lui est posée : « Comment allez-vous ? » La réponse, elle, est lourde de sens. « De mieux en mieux », dit-il. Une formule qui pourrait sembler anodine, mais qui, dans sa bouche, traduit un combat quotidien, invisible, acharné. Car derrière ces mots se cache une réalité plus complexe : celle d’un homme qui avance, certes, mais à petits pas, dans un équilibre encore précaire.

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Le sevrage, une lutte de chaque instant

Matthieu Delormeau ne cherche jamais à embellir son récit. Au contraire, il insiste sur la difficulté extrême du sevrage. « Mon corps combat toute la journée », explique-t-il, décrivant un état de tension permanente. Là où une personne en bonne santé voit les jours défiler comme une évidence, lui les vit comme des épreuves à surmonter.

Il évoque une fatigue omniprésente, presque écrasante. Une lassitude physique, mais aussi mentale, liée à l’effort constant de résister. « C’est comme si j’avais de la fièvre tous les jours », confie-t-il. Une image frappante, qui permet de saisir concrètement ce que signifie lutter contre une addiction : un corps mobilisé en permanence, un esprit en alerte continue.

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Contrairement à certaines idées reçues, la guérison n’est pas une ligne droite. Elle est faite de hauts et de bas, de moments de force et de fragilité. Delormeau reconnaît d’ailleurs ne pas pouvoir promettre une abstinence définitive. « J’aimerais dire que je ne toucherai plus jamais à la cocaïne, mais je ne peux pas », admet-il avec lucidité.

Les « cravings », ces pièges invisibles

Parmi les obstacles les plus redoutables, il évoque les « cravings », ces envies soudaines et incontrôlables. Des pulsions brèves mais intenses, capables de faire vaciller même les volontés les plus solides. « Ça dure deux ou trois minutes, mais pendant ces deux ou trois minutes, il faut être plus fort que tout », explique-t-il.

Ce phénomène, souvent mal compris, illustre à quel point l’addiction est inscrite dans le fonctionnement même du cerveau. Il ne s’agit pas simplement de volonté, mais d’un véritable mécanisme neurologique. Le cerveau réclame sa récompense, comme un animal conditionné. Delormeau utilise d’ailleurs une image parlante : « C’est comme un chiot qui réclame en permanence sa friandise. »

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Plus troublant encore, ces envies surgissent parfois dans des moments positifs. Après une réussite, une joie, une satisfaction. Comme si le cerveau associait automatiquement le plaisir à la consommation. Un piège insidieux, qui rend la vigilance d’autant plus nécessaire.

« Un monstre à vie »

L’une des images les plus marquantes de son témoignage reste celle du « monstre » intérieur. Une métaphore qu’il assume pleinement. « À vie, j’aurai ce monstre en moi », affirme-t-il. Une présence constante, silencieuse mais menaçante, qu’il faudra apprendre à contenir.

Matthieu Delormeau sur le plateau de Buzz TV I Source : https://www.youtube.com/watch?v=Sl-0F0QA028&list=PL_3P3xgnwTL1ew15AmUTiWCtfhnCw6ovS&index=2

Matthieu Delormeau sur le plateau de Buzz TV I Source : https://www.youtube.com/watch?v=Sl-0F0QA028&list=PL_3P3xgnwTL1ew15AmUTiWCtfhnCw6ovS&index=2

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Son psychiatre lui a proposé une autre comparaison : celle du lion. Un fauve que l’on peut dresser, contrôler, mais jamais totalement apprivoiser. « Un jour, si vous lui tournez le dos, il peut vous attaquer », lui a-t-il expliqué. Une mise en garde claire : le danger ne disparaît jamais complètement.

Cette vision, loin d’être pessimiste, se veut réaliste. Elle rappelle que la guérison ne consiste pas à effacer le passé, mais à apprendre à vivre avec lui.

La descente aux enfers

Dans son livre, comme dans l’interview, Matthieu Delormeau revient sur les débuts de son addiction. Une entrée progressive, presque banale, dans un univers qu’il ne connaissait pas. Une soirée, des rencontres, une curiosité… et un engrenage qui se met en place.

Il décrit une première phase trompeuse, où la drogue semble offrir des bénéfices : énergie, assurance, performance. « Pendant un an, c’est formidable », reconnaît-il. Mais cette illusion ne dure pas. Rapidement, le revers apparaît : fatigue, anxiété, dépression.

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La drogue devient alors un faux remède, un moyen d’éviter la chute… tout en l’aggravant. Un cercle vicieux se met en place, où chaque prise alimente le mal qu’elle prétend soulager. « Elle crée la dépression qui vous pousse à en reprendre », résume-t-il.

Les excès s’accumulent, les repères disparaissent. Il évoque des journées entières sous substances, des quantités importantes, des nuits sans sommeil. Jusqu’à frôler des situations dangereuses, parfois mortelles.

L’isolement et le mensonge

L’un des aspects les plus frappants de son récit est l’isolement dans lequel il s’est enfermé. Pendant des mois, personne ne soupçonne l’ampleur de sa dépendance. Ni ses amis, ni sa famille.

« Quand on est drogué, on devient très malin », explique-t-il. Mensonges, excuses, manipulations : tout est mis en œuvre pour cacher la réalité. Une stratégie de survie, mais aussi un piège qui renforce la solitude.

Matthieu Delormeau sur le plateau de Buzz TV I Source : https://www.youtube.com/watch?v=Sl-0F0QA028&list=PL_3P3xgnwTL1ew15AmUTiWCtfhnCw6ovS&index=2

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Il reconnaît également une certaine distance avec ses proches à cette période. Non pas par manque d’amour, mais parce que chacun mène sa vie, absorbé par ses propres préoccupations. Une situation fréquente, qui montre à quel point l’addiction peut se développer dans le silence.

Ce n’est qu’à la suite d’une garde à vue que tout éclate. Une exposition brutale, publique, difficile à gérer. Mais même à cet instant, l’emprise de la drogue reste totale. « Je ne pensais qu’à une chose : en reprendre », confie-t-il.

La souffrance mentale, un tabou qui tombe

Au-delà de son histoire personnelle, Matthieu Delormeau s’inscrit dans un mouvement plus large : celui de la libération de la parole autour de la santé mentale. Il évoque notamment Florence Foresti, qui a contribué à briser certains tabous en parlant ouvertement de sa dépression.

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« Il n’y a pas de honte », insiste-t-il. Un message essentiel, dans une société où la réussite apparente masque souvent des souffrances invisibles. Lui-même en est la preuve : réussite professionnelle, aisance financière, image publique… et pourtant un profond mal-être.

Il dénonce d’ailleurs les jugements hâtifs, ceux qui minimisent la souffrance des personnes perçues comme privilégiées. « Ce ne sont pas des petits malheurs de bourgeois », affirme-t-il.

Se reconstruire, pas à pas

Aujourd’hui, Matthieu Delormeau tente de se reconstruire. Un processus long, exigeant, qui repose sur plusieurs piliers : thérapie, accompagnement médical, cures, mais aussi nouveaux projets.

Le travail, notamment, joue un rôle clé. Retrouver une activité, une utilité, un rythme. Il évoque avec reconnaissance le soutien de Cyril Hanouna, qui lui a permis de revenir à l’antenne.

Matthieu Delormeau lors du Salon du livre, à Paris, le 19 avril 2026 I Source : Getty Images

Matthieu Delormeau lors du Salon du livre, à Paris, le 19 avril 2026 I Source : Getty Images

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Mais il reste lucide : la guérison prend du temps. « On m’a dit deux ans », confie-t-il. Deux années pour retrouver un équilibre, pour apaiser les angoisses, pour reconstruire une vie.

Un témoignage pour prévenir

Avec Addiction, Matthieu Delormeau ne cherche pas à susciter la compassion. Son objectif est plus profond : alerter, prévenir, transmettre. Il insiste sur un point essentiel : face à la drogue, personne n’est à l’abri.

« Que vous soyez riche ou pauvre, intelligent ou non, c’est le même processus », affirme-t-il. Une réalité qu’il a constatée lors de ses cures, au contact de profils très différents.

Son message est clair : certaines erreurs ont des conséquences irréversibles. L’addiction en fait partie. « C’est une bêtise que vous gardez à vie », dit-il.

Un avertissement sans détour, porté par une parole sincère. Et peut-être, pour ceux qui l’entendent, une chance d’éviter de tomber à leur tour dans cet engrenage.

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